Vendredi 27 avril 2012
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Regardez bien cette photo : tout de suite, la chasse parait moins noble, n'est-ce pas
?
Dans sa maison tranquille, au milieu de la forêt de Grésigne dans le Tarn, la famille Rossard ne
s'attendait pas à voir débarquer deux cerfs dans son salon, à un an d'intervalle. Les animaux, traqués dans le cadre de chasses à courre, avaient finalement été mis à mort dans la maison.
Traumatisée, la famille Rossard a porté plainte, estimant que les organisateurs de la chasse à courre avaient manqué à leur obligation de sécurité et de prudence.
En 2006, un cerf était rentré dans la buanderie de la maison des Rossard, où se trouvait alors la mère de
famille. L'animal avait été achevé dans la pièce. Un an plus tard, en novembre 2007, c'est un cerf de 200 kilos qui avait traversé la baie vitrée du salon avant de finir sa course dans la
cuisine. Malgré les demandes de la famille, "l'animal avait été saignée par les chasseurs à même le carrelage"
Les faits remontent au 3 novembre 2007. Ce jour-là, un cerf traqué par une quarantaine de chiens, brise
la baie vitrée du salon des Rossard, dont la maison est situé dans la forêt domaniale de de Grésigne, au nord-ouest d'Albi. Un des enfants, âgé d’une dizaine d’années, se retrouve "face à un
cerf en furie et ne doit la vie qu'au fait que le cerf a glissé sur le carrelage", a confié Patricia Rossard, la mère de famille, à France 3 Midi Pyrénées. L’animal est alors été tué à coups
de dague dans la cuisine par un des veneurs, ces chasseurs qui poursuivent en "équipage" un animal sauvage avec une meute de chiens.
Pour l'avocat de la famille Rossard, "ce dossier (...) est un puits presque sans fond d'imbécilités".
Me Viguié a dénoncé "l'inconscience des chasseurs qui ont fait prendre un risque aux habitants (...). Il fallait arrêter cette chasse". "Ce n'est pas le procès de la chasse, mais de la
chasse irresponsable"
Du côté de la défense, on invoque un malheureux concours de circonstances. "Ce qui est arrivé à la
famille Rossard est très regrettable mais c'est un aléa de chasse pour lequel ils ont été indemnisés", indique l'avocat des trois prévenus. Selon lui, si deux cerfs se sont retrouvés dans
"le confetti de 5.000 m² qu'est la propriété des Rossard, c'est un accident de la vie", estime Me Triboulet.
L'avocat de l'association qui a organisé ces chasses à courre, "on ne peut pas dominer l'instinct
animal. A l'impossible, nul n'est tenu". La défense a donc demandé la relaxe des trois prévenus.
Henri-Louis Baysset, 77 ans, qui dirigeait la chasse à courre, ainsi que Jérôme Lagarrigue et Nicolas
Pinel, deux chefs de meute, ont ainsi été jugés coupables de mise en danger de la vie d'autrui. Ils ont été condamnés à verser, chacun, 1.000 euros de frais de justice.
A l’énoncé du jugement, la plaignante, Patricia Rossard s’est dite "satisfaite de la reconnaissance de culpabilité", mais espérait une condamnation plus lourde. "Ils ont du mépris envers nous, c'est une attitude
contraire à l'éthique de la chasse à courre". Avant d'ajouter : "on a l'impression d'être au temps des chevaliers, qui méprisent les manants",
déplore-t-elle.
Pour sa part, Henri-Louis Baysset, qui était à l’initiative de ces chasses à courre, a averti qu'il
ferait appel, ne comprenant pas la décision du tribunal. "Je ne m'y attendais pas, car pour une mise en danger d'autrui, il faut qu'un article de la loi ait été violé. Il n'en est rien dans
notre affaire", a-t-il affirmé.
Moralité : si c'est imprévisible et dangereux, alors on interdit !
http://www.europe1.fr/France/La-chasse-a-courre-s-etait-achevee-dans-leur-cuisine-1055105/
http://www.europe1.fr/France/Condamnes-apres-des-chasses-a-courre-rocambolesques-1056785/
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