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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 18:40
Association "Au Bonheur des Chats Libres"Une association locale, "Au Bonheur des Chats Libres", préconise la capture et la stérilisation des chats errants plutôt que leur euthanasie.

Leur slogan : "Stériliser plutôt qu'euthanasier / Trapper pour la vie, non pour la mort"

Leur volonté :

- protéger et réhabiliter les chats libres
- les nourrir grâce aux protecteurs nourriciers
- les stériliser, tatouer et les relâcher sur leur territoire,
- les soigner lorsqu'ils sont malades ou blessés,
- leur procurer un abri,
- accueillir en famille d'accueil les chats et chatons adoptables,
- les proposer à l'adoption,
- veiller à la protection des animaux et à la juste application des lois

Leurs coordonnées :

"Au bonheur des chats libres" - Comité de défense des chats libres
B.P 61352
25006 Besançon cedex
www.chatlibre25.fr

N° tél : 06.72.99.22.37

Aidez l'assocation en la contactant au numéro de tél ou adresse ci-dessus !!

Une pétition pour la soutenir : http://5658.lapetition.be/

Elle ne vit que des dons et subventions des personnes généreuses...Faites partie de ces personnes !

Protégeons les chats, nos compagnons du quotidien !!!
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 22:51

Attends-moi, attends-moi,

Ne t’en vas pas ainsi

Donnes-moi, donnes-moi,

Rien qu’un seul sourire

Et tout sera fini…

 

Grand est mon long chagrin

Regarde mon destin

 

Attends-moi, attends-moi,

Ne t’en vas pas ainsi

Donnes-moi, donnes-moi,

Instant de poésie

Et tout sera fini…

 

Rien qu’un seul sourire…


............................

 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 22:48

J'ai cherché à imaginer une scène fictive à la série animée "Lady Oscar" ("La rose de Versailles" dans le manga) :

André apprend à Rosalie à danser le menuet, afin que cette dernière puisse être présentable à la cour de Versailles. Elle profite de l’absence d’Oscar pour aborder un sujet personnel.

 

 

-         André…

-         Oui ?

-         Il est fascinant de constater la manière dont Oscar met en émois toutes les dames de la cour de Versailles, bien qu’elle soit pourtant une femme…

-         En effet…

-         Dis-moi…N’es-tu point frustré par tout cela ?

-         Comment cela ?

-         Tu es un homme. Et aucune femme de la cour ne daigne t’adresser un regard. Tu pourrais ressentir de l’amertume au fait que des femmes admirent une autre femme et pas toi, toi qui est un homme…

-         Non, je ne suis point frustré, Rosalie. Vois-tu ma chère, tu oublies un détail. Pour commencer, je ne suis qu’un roturier…

-         Oh !

-         Qui daignerait m’accorder un regard, une parole, une danse ? Je ne dois ma présence à Versailles qu’à Oscar. De toute manière, je ne demande rien. Et il me paraît normal qu’elle attire tous les regards. Elle est si belle…

-         Il est vrai que sa beauté est sans pareille…Mais dis-moi, tu as semblé évoquer un autre détail…

-         Oui. Vois-tu, le plus important est que je sache, que je sache qu’Oscar est une femme. Et je ne l’oublierai jamais.

-         Je ne comprends pas…

-         Tant que je n’oublierai pas qu’Oscar est une femme, je ne désespérerai pas.

 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 22:45

Il était une fois dans un village fleuri, tranquille, où s’ennuyait dans une grande maison mauve Nougat. Nougat était un chat roux qui passait son temps à dormir dans les draps feutrés de sa maîtresse, ou à chasser les balles en caoutchouc qui rebondissaient dans toute la maison.

 

Nougat n’aimait pas la compagnie de ses congénères, ni même celle d’inconnus humains, ce qui ne l’empêchait pas de gratter derrière la porte d’entrée afin de s’évader dans la jungle urbaine.

Mais Nougat avait un souci : c’était un peureux maladif. N’importe quel bruit le faisait fuir, la queue gonflée tel un écureuil. Les oiseaux, les voitures au loin, le vent dans les feuilles des arbres, les rires d’une enfant et même lui ! Il sursautait, le dos voûté, dès qu’il posait la patte sur une chose qui l’avait surpris. Ses oreilles dressées tel un hibou et ses yeux exorbités faisaient de lui l’attraction de la famille.

Par ces chaudes journées d’août, assis sur le rebord de la fenêtre et protégé par les volets baissés, Nougat regardait, tapant rapidement de la queue, les hirondelles frôler les vitres qui allaient dans leur nid, situé dans la gouttière.

 

Allongé sur sa fenêtre Nougat a chaud, il s’ennuie…

 

Il traînait sa carcasse le long de la grande maison, même s’il en connaissait les recoins par cœur. Nougat a toujours vécu enfermé entre quatre murs. La liberté du dehors, le plaisir de courir dans l’herbe verte, il ne connaissait ces sensations qu’avec une laisse et sous une certaine contrainte. L’esprit épicurien, il ne savait pas que ça existait. Alors Nougat passait son temps à dormir dans les endroits les plus frais de la maison : sous le lit de sa maîtresse ou dans l’armoire, renversant sur son passage le linge soigneusement plié. C’était une vraie canaille celui-là, quand il décidait de faire des bêtises ! Une manière comme une autre de tromper sa solitude et de se débarrasser de son trop plein d’énergie. Il aimait beaucoup ennuyer ses maîtres, à se poser dans des endroits pour le simple plaisir de gêner. C’est tout un art pour un matou de s’installer là où il dérange le plus ! La table à repasser, quand la maman s’apprête à défroisser les habits, à moitié sous les couvertures quand elle faisait les lits, sur la table de cuisine quand elle épluchait les pommes de terre.

Cette cuisine, Nougat la connaissait par cœur et pour cause ! Après dormir sa seconde occupation résidait là, sous l’évier : la gamelle d’eau et l’écuelle à nourriture. Nougat mangeait toujours la même chose, cela devenait donc plus fade à chaque jour qui s’écoulait. Il en perdait la saveur, la gourmandise, la joie de se restaurer. Pauvre Nougat, toujours en quête d’innovation !

Parfois sa maîtresse inventait quelques folies pour le distraire et satisfaire ses papilles délicates de chat. Les yaourts au chocolat blanc ou à la mousse de nougatine sur un coulis de framboise. Mais la mode étant éphémère, le plaisir ne fut que fugace, et la dure habitude reprenait ses droits.

Alors Nougat choisit de provoquer le changement : il miaulait tel un condamné pour réclamer cette précieuse nourriture, mais lui tournait le dos une fois servi. Un comble de gourmet !

Petit Nougat deviendra gros avec ses exigences gargantuesques ! Qu’il serait vexé si des invités d’un soir le prenaient pour une drôle de race de chien !

Mais l’appel de l’estomac est plus fort, l’envie d’herbe naturelle encore plus. Tenter de manger quelques fines feuilles des plantes familiales n’est pas donné à tous les félins, sans connaissance par ailleurs des dangers de certaines toxicités plus ou moins flagrantes.

 

Mais ce fut un beau matin qui lui offrit la providence tant désirée, ce que tout chat rêve de rencontrer et de posséder. Un sentiment de bonheur, d’extase et de volupté : l’amour !

 

La cuisinière avait omis un élément capital dans la réceptivité du chat. Elle avait innocemment laissé sur le bord de la table une boite auprès de laquelle Nougat trouvera le summum. Une boite de thon. Cette boite, Nougat l’avait longuement observée : d’une parfaite harmonie de forme et de couleurs, elle n’avait jamais suscité autant de convoitise. D’un arrondi lisse, la boite pouvait rouler qu’importe sa position, une gymnastique polyvalente en sorte. Sa couleur était d’un bleu azur, digne d’un horizon varois. Un dessin de navire à la voile blanche semblait ressortir ; comme si le galion voguait calmement sur les vagues outremers, insouciant, à la recherche d’un pays à conquérir. Mais le contenant ne sert évidemment qu’à cacher le contenu, plus intéressant, plus mystérieux, et souvent…Plus beau. Aux trois quarts ouverte, comment ne pas résister à l’instinct d’aller fourrer son fin museau à l’intérieur de la boite ? Ce qu’il y vit ne porte pas de nom à ses yeux. Dans le langage humain on appellerait cela “ extase ”, “ paradis ”, “ bonheur ”. Une chair fraîche et rosée, entourée d’un liquide translucide faisait miroiter les yeux serpent du naïf rouquin. Bien que compacte, cette chair ne présentait pas moins quelques scissions, très délicatement tracées par les soins habiles d’un poissonnier. Tous les sens de Nougat le gourmand se mirent en éveil. La vue d’abord, de cette masse dodue et appétissante à souhait. Mais surtout l’odorat. Ah l’odorat ! Sens suprême parmi les suprêmes ! Sans lui, comment pourrions-nous suivre à la trace la délicieuse odeur du pain à peine sorti du four ? Les délicats parfums des femmes dans une cage d’escalier ? La différence entre le comestible ou pas, l’avenant ou le non avenant ? Car c’est l’odeur subtile que dégageait cette inconnue qui attira Nougat sur les pentes des péchés capitaux : envie, luxure, gourmandise.

Nougat approcha avec méfiance son museau du liquide, puis renifla avec moins de réticence les morceaux détachés. “ Quel délicat fumet ! ” se dit-il, car il ferma les yeux et ronronna de satisfaction. Quelle joie pour ma maîtresse d’avoir négligé cacher cette providentielle boite !

Il commença à laper, doucement dans un premier temps. Sa langue rugueuse ne manqua pas de saisir toutes les sensations que devait provoquer ce poisson. Puis, goulûment, il attrapa un morceau conséquent de la boite pour le mâcher longuement afin que ses papilles apprécient cette saveur nouvelle. Pour Nougat c’est la première fois qu’une telle chose se produit. Il ne savait pas à quoi correspondait l’odeur, mais pour lui elle était alléchante. C’était le principal. Il n’avait jamais senti vraiment diverses odeurs, lui qui restait enfermé dans une chambre. Il se délecta si bien de ce sulfureux poisson que bientôt la boite s’en trouva vidée. Veillant à ne point se couper avec les rebords cannelés de la conserve, il recula un peu puis descendit de la table et du banc, pour aller purifier ses canines d’eau de sa gamelle. Il repartit ensuite en direction du salon, l’estomac repu et une satisfaction visible par sa façon de se lécher les babines. Nougat était déjà un profiteur, mais le voici petit voleur !

Nougat repartit dans sa cachette secrète, avant que sa maîtresse ne raccroche le téléphone et découvre le méfait. Ce lieu si paisible à ses yeux se trouvait être tout simplement la partie droite de la grande armoire, installée dans la chambre de la fille de la maison. Entre le coffre de chaussettes, l’amas de chemises de nuit et les pans des robes, le félin se mit bien à l’aise puis ferma les yeux, ronronnant.

 

La maîtresse revint à ses fourneaux. Ciel, cria-t-elle, moi qui voulais régaler les miens d’œufs mimosas ! Mais elle était une adulte humaine, et donc incrédule. Seul un être doté d’un culot énorme, d’un talent sans bornes aurait pu réussir ce subterfuge. Et elle était seule à la maison, avec Nougat…

Cependant contrairement à ce qu’on pourrait imaginer cette aventure la fit sourire. Elle savait désormais comment dresser l’indomptable, comment égayer ses repas et cela à moindre frais. Nougat n’avait jamais connu cela…

 

Le lendemain, le surlendemain et tous les autres jours à l’infini, petit Nougat faisait de tendres roulades, ronronnait délicieusement et miaulait de son timbre aigu et rauque, mais non moins suave, afin d’attirer l’attention de ses maîtres. Et tout cela dans un but bien précis : les faire venir auprès du réfrigérateur, qui gardait jalousement l’objet tant convoité. Monsieur se posa la question : mais comment faisaient donc ces boules de poils pour dégager autant de séduction et de charme, à faire pâlir tous les bipèdes masculins ? Même le plus bellâtre des hommes ne pourrait rivaliser avec un chat. Et comme dit l’adage : le chat ne vit pas chez nous, mais c’est nous qui vivons chez le chat…

Et à chaque fois le vœu du maître chat était exaucé, qu’importe la fréquence ou le moment de la journée. Lorsqu’il se retrouvait enfin face à la délicate boite de bleu, à sa chair sensuelle appelant à la volupté, il lui tint par télépathie ce discours.

-         Boite, oh ma si chère boite de thon, voudrais-tu aujourd’hui m’accorder tes charmes ? Je me languis de ton absence, je te désire en ta présence. Acceptes ma sollicitude ma chérie, tu ne seras pas malheureuse. Je comblerai le moindre de tes caprices, je couvrirai ta chair d’or. Je ferai de ma gamelle un palais où de l’artifice tu te régaleras, dans les dédales de mon corps tu te perdras, évanouie de jouissance tu te pâmeras. Ne me repousses pas mon adorée, je te jure que  tu ne le regretteras pas.

Et à chaque fois la boite de thon ne se fit plus autant désirer qu’au premier jour : elle céda instantanément au maître chat, au gré de ses humeurs ou ses envies.

 

Parfois un couple peut se montrer jaloux l’un envers l’autre. Et si Nougat surprenait sa tendre dans une autre assiette que la sienne, il se tournait aussitôt vers les demoiselles croquettes, si colorées et affriolantes dans leur forme géométrique. Il les croquait à l’infini, il ne les comptait plus tant il se trouvait affecté par ce qu’il considérait comme étant une trahison. Œil de chat pour œil de chat en somme : tu me trompes, je te trompe à mon tour. Un couple peut aussi bouder. Ainsi Nougat faisait mine de ne pas regarder la boite : c’était pour lui un supplice car il en était tellement fou…Malgré tout il se força à ce petit jeu malin afin de ne pas tomber dans la monotonie du couple. Le but était de se faire la tête pour mieux se retrouver. Rien que pour cette raison, il venait quand même lorsque ses maîtres le narguaient, sa compagne des beaux jours dans leur main ferme. La boite semblait s’y plaire, pour sûr, elle ne tenait pas vraiment à descendre ! Aurait-elle percé le secret de son chéri et rentrait-elle donc dans son jeu ? Seuls les protagonistes possédaient cette réponse tant éclairante.

 

Toujours est-il que ce manège amoureux dure encore et encore…La lassitude n’avait pas donné raison aux sentiments liant le chat roux à la chair beige. C’était un amour indéfectible qui traverserait les temps. Un amour pourtant si singulier, un amour dont on nierait l’existence sans hésiter, qu’on ne voudrait croire à aucun prix, et pourtant…Ces deux-là étaient si mignons…Le couple formait à lui seul une photo de famille unie. Bien sûr, ils ne pourront pas avoir de progéniture mais l’amour n’est-il pas la base de la vie ? Tous les couples n’ont pas d’enfants, même si c’est une conséquence logique à l’amour, elle n’en est pas moins dispensable.

 

Ainsi va la vie, et ainsi se poursuit celle d’un chat unique, particulier : un chat qui était tombé amoureux d’une boite de thon.

 

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 22:42

Je m’apprête à vous narrer maintenant une aventure que je n’ai jamais contée jusqu’àprésent. Voyez-vous, il y a un peu plus d’un an de cela j’ai rencontré un ange.

 
Cela vous paraîtra étonnant si d’ordinaire vous n’êtes pas enclin à la spiritualité, mais il n’en est rien car à partir du moment où on la découvre, on comprend alors comment le mot “ ange ” prend tout son sens. Oui, j’emploie le déterminant “ la ” dans la mesure où même si la fable raconte que les anges sont asexués, j’ai pu clairement identifier cette apparition divine comme étant féminine.

 

Avant sa venue je n’étais rien. Je n’avais uniquement l’ennui ou le travail comme leitmotiv. Ce travail auquel j’étais soumise depuis l’école primaire, censé nous forger une vie sociale par la rencontre d’autres élèves ; mais pour moi ce n’était qu’un leurre. La structure profonde de ces institutions nous amenait, nous écoliers, à nous affronter quotidiennement, à savoir qui d’untel ou untel aura la meilleure note, à apprendre l’hypocrisie pour réussir à grimper les échelons. J’ai appris durant ces années que la meilleure éducation n’était ni celle que nous apprenions à l’école, ni celle que nous subissions à la maison, mais celle où nous nous construisions nous-mêmes. Tourner les situations en notre faveur, transformer les mauvais points en atouts et les garder aussi longtemps que possible. Ainsi durant mes années d’adolescence j’avais appris à rester humble lorsque j’obtenais une bonne note. Pourtant travailler en solo afin d’éviter les conflits ou la fourberie n’a jamais été source de réussite. En fuyant ce qui nous pose problème on en oublie le charme de l’altruisme.

Oui, avant sa venue je n’avais rien. Les amitiés étaient plutôt ponctuelles et parfois brèves. Aucune vie sentimentale ne se dressait à l’horizon. Je ne voyais comme paysage que les quatre ternes murs de ma chambre et mes loisirs se bornaient à regarder la télé pour ensuite déprimer sur ma condition de dépendante. Dépendante de tout. Je me plaignais de mon sort sans pour autant faire d’effort pour le changer.

 

Ma vie, c’est cet ange qui l’a métamorphosée. Par son innocence je suis sortie de ma chrysalide pour apparaître papillon magnifique aux couleurs bariolées. J’ai vu ce petit bout comme j’aurais vu la lumière. D’ailleurs j’ai vu la lumière, tant son petit corps resplendissait, illuminait mon âme, réchauffait mon cœur. Vous avez le droit de vous demander en quoi cet ange a pu changer mon quotidien où ne vivait que le gris ; je puis vous répondre que les mots ne suffiront pas à expliciter ce que j’ai ressenti, ce que je ressens à sa vue. Ses grands yeux bleus me dévisageant, dubitatifs à ma présence, m’ont fait fondre. J’ai reçu en plein cœur comme un éclair de lucidité, un appel qui me demanderait d’être plus nuancée, plus pondérée, moins cartésienne dans ma vie, de prendre ce poupon joufflu comme un don du ciel. Et dieu sait que je ne le remercierai jamais assez de l’avoir mise en travers de ma route, moi qui n’attendais rien.  

 

J’ai tout simplement vécu le coup de foudre. Je me suis donc approchée d’elle et, en la prenant dans mes bras, j’ai su immédiatement que ce serait le commencement d’une grande histoire d’amour.

Si un jour vous rencontrez au hasard de votre vie cet ange, alors vous comprendrez. Les sentiments, les émotions qui émanent de moi ne peuvent être nullement décrits à travers de simples mots. Ce que j’ai subi mérite à vos yeux d’être considéré comme plus transcendant qu’en apparence.

 

Ce petit être si fragile et pourtant si fort à la fois a changé mon point de vue sur le monde qui m’entoure. Ce monde que je voyais laid, sans amour et sans gloire, livré à la folie des hommes m’apparaissait tout à coup comme étant beaucoup plus accueillant, plus chaleureux par la simple présence dans mon champ de vision de mon ange. Cet ange qui m’a rendu le sourire, ce délicat sourire qui apparemment me sied bien, ainsi que l’espoir de mieux vivre. Ce trésor aux jambes dodues, aux joues rouges et fraîches, aux mèches brunes rebelles et bouclées m’a apporté une tendresse que je n’imaginais pas. Un amour, le même que celui d’une mère à son enfant…

Cependant ôtez-la de mon champ de vision et je retourne dans mon monde gris, sans ses balbutiements tout me paraît moins amical. Et surtout, la vie me semble beaucoup moins sereine mais en revanche plus fade. Sans elle je ne suis rien.

   

C’est à travers elle que j’ai appris mes responsabilités. Elle m’a aidé à chasser l’égoïsme de mon existence et à mieux me contrôler. De plus, l’engagement que j’ai pris vis à vis d’elle est très sérieux à mes yeux ; en effet je connais par les écrits anciens ce que représente le mot “ marraine ” dans toute sa splendeur. S’occuper d’un enfant, le prendre en charge si par malheur il devait perdre ses parents, être exemplaire telle la marraine de “ Cendrillon ” ou celle de “ la Belle au bois dormant ”. Je ne le souhaite évidemment pour rien au monde pourtant si elle venait à se retrouver seule, je sais par avance que je serais prête à accomplir de nombreux sacrifices afin de prendre soin d’elle. Et si mon entourage trouve ma réaction exagérée ou pense que je n’en suis pas capable, pour mon ange je suis prête à les affronter afin de leur montrer qu’ils ont tort. Elle est le rayon de soleil de ma vie, et même sans un malheur je prendrais sur moi pour qu’elle ne manque de rien, je sais qu’elle me donnera la confiance qui me fait défaut. 

Pour certaines personnes, être parrain ou marraine c’est simplement un terme banal, une distinction qu’ils ont acceptée pour dépanner les parents ou leur faire plaisir. En ce qui me concerne je le vis différemment, comme un honneur ; l’important ici n’est pas de savoir pourquoi j’ai été choisie comme marraine, mais comment je l’ai vécu. Elle n’était pas encore née à l’époque où par un simple coup de fil je me suis tout de suite sentie “ adulte ” avec toutes les obligations et nécessités que cela engendre. J’attends avec impatience la cérémonie du baptême, dans laquelle je serai reconnue officiellement comme étant sa marraine. Etre marraine c’est avoir en quelque sorte une relation privilégiée avec l’enfant, après celle qu’il vit auprès de ses parents. Je ne souhaite pas tomber ici dans la démagogie ou me prétendre psychologue dans “ l’art d’être marraine ”, je ne suis pas qualifiée pour cela et il me faut encore vivre beaucoup d’expérience pour avoir l’audace d’en parler. De plus je ne pense pas qu’il existe un moyen type, une technique sur la manière de se comporter. Ici nous parlons de sentiments et non de pratique. Nous parlons de la personne et non d’un outil pour s’en servir.

 

Ce petit ange m’a ouvert l’esprit, m’a fait découvrir cette “ fameuse ” fibre maternelle cachée au plus profond de moi et dont je ne soupçonnais pas l’existence, cette symbiose entre le désir d’être femme et celui d’être mère dont les gens nous parlent comme si cela nous était inné. En théorie, car dans la réalité elle s’acquiert. Aujourd’hui je ne juge plus les femmes ne voulant pas d’enfant comme étant anormales ou ayant un complexe. Les raisons ne sont pas qu’elles craignent de rider plus vite ou de prendre du poids dans les cuisses, non. Elles n’ont tout simplement pas eu la chance de croiser sur leur chemin mon ange. Si elles avaient pu passer ne serait-ce qu’une demi-journée en sa compagnie, certaines ne regretteraient pas d’accéder à la fois à la quarantaine et à un haut statut professionnel en négligeant les désirs de leur cœur. Désormais je peux imaginer mon avenir avec un mari et des bambins, mais en attendant de rencontrer l’homme que je jugerai digne de moi et réciproquement, et prêt à me faire un enfant je reporte mon amour sur celle qui m’a donné une raison de vivre, de me battre.

 

Je tiens à être présente sans pour autant l’étouffer, sans m’incruster dans sa vie et j’ose espérer qu’à l’âge de raison elle partagera mes sentiments, ces sentiments si vrais, si sincères…Je tiens à être présente aux grandes occasions qu’elle vivra, si dieu le veut. Connaître les détails de sa première journée d’école, lui donner les meilleurs conseils, consoler ses chagrins d’amour, être présente à son mariage, pouvoir obtenir la chance de connaître ses futurs enfants…J’ai souffert de l’absence de ma marraine, qui devait se souvenir de ses responsabilités qu’aux événements religieux que sont le baptême et les communions. Je ne tiens pas à devenir ainsi. Mais il est tout autant cruel, sinon plus, d’être mis à l’écart par son propre filleul, se voir ignoré par la personne qu’on a tant chérie dans le passé, celui pour qui on a tant donné. Je ne tiens pas à ce que mon bébé devienne ainsi également.

 

Vous pourriez vous sentir troublé par cet étrange lien qui m’unit à mon trésor. Il est vrai que le terme d’ “ amour ” dans notre société n’est envisageable que lorsqu’un homme et une femme s’attirent ; On parle également d’ “ amourette ” pour qualifier une affection mutuelle entre deux jeunots. Et pourtant… Ce terme s’applique à tous les âges, les sexes ; se décline dans toutes les couleurs et les saisons. L’amitié ne s’apparente-t-elle pas au fond à une forme adoucie de l’amour ? Pour être ami et en avoir, il faut sentir une certaine attirance au plus profond de soi pour la personne en question. Les déclarations d’amitié existent, on peut dire “ je t’aime ” à un ami sans qu’il soit question d’ambiguïté. Ainsi il en est de même entre membres d’une famille, entre une marraine et sa filleule sans pour autant que de mauvais esprits parlent d’inceste. Aimer, c’est le plus beau et le plus fort des sentiments, c’est la base de la vie.

Lorsqu’on a la chance de posséder l’amour, que ce soit aimer, être aimé ou les deux à la fois, on n’a d’objectif que de le nourrir pour le garder, le nourrir tel un feu qui se consume et veiller à ce que rien ne vienne éteindre ses flammes, la flamme de l’affection…Ses étincelles sont si rares pour être gâchées…

Mais à trop parler du concret on en oublie la magie de cette relation. On se surprend soi-même à penser qu’un petit être de quelques kilos peut nous apprendre beaucoup de choses, les choses simples de la vie qui ne demandent qu’à être saisies au bon moment, et qu’on puisse les croquer à pleines dents telle une pomme sans se soucier du reste, sans se poser de questions comme : “ Que vais-je faire demain ? Les semaines à venir ? Comment gérer mes soucis quotidiens, mon boulot, ma vie ? ”. On fait une croix sur le passé immuable et sur le futur incertain ; auprès de ma brunette je profite du présent, uniquement du présent.

 

J’aimerais tellement exprimer en public ce que je ressens, mais une certaine pudeur, une certaine gêne vis à vis de ma Fée qui doit progressivement s’habituer à moi, me freinent. Peut-être parce que mon entourage a tellement eu l’habitude de me voir fuir les enfants, tellement j’avais peur de ne pas savoir m’y prendre. Je voudrais tant me débarrasser de mes inhibitions rien que pour pouvoir l’embrasser, jouer avec elle, la taquiner en faisant “ la petite bêbête qui monte ”, faire à sa guise, à la mienne et tout ce qui me semble naturel. Mais en dépit de ce blocage temporaire je l’adore et c’est le principal. Ces gestes m’étaient, comme je l’ai signalé plus haut, totalement inconnus il y a encore un an car, même étant adulte, je dois apprendre à m’habituer à ma nouvelle condition que malgré tout j’assume pleinement et surtout, fièrement. Je frémis déjà autant qu’elle lorsqu’elle défait maladroitement ses cadeaux à Noël et à son anniversaire, et lorsque nos regards se croisent, cet instant s’immortalise sur pellicule…

 

Un jour je montrerai ces écrits à ma filleule, ces pages qu’elle m’a inspirées car ce soir, que je partage éternellement avec ma solitude, ce soir où la pluie fait rage, laissant plus tard sa place à la neige pure et immaculée, il m’a suffit de lever les yeux sur ses photos soigneusement punaisées au-dessus de mon bureau pour avoir la révélation : j’avais trouvé ma muse.

Mon ange, ma petite puce qui me ressemble tant, étant donné que nous partageons le même physique et notre penchant pour la musique, est encore trop jeune, beaucoup trop jeune pour lire ces lignes. C’est encore un bébé, mais pour moi je crois que ça restera “ mon bébé ”. Elle apprend à peine à marcher, à s'exprimer, et je me réjouis d’avance de pouvoir la prendre par la main et me promener avec elle, de parler avec elle. Passer des moments inoubliables, se retrouver avec joie à chaque fois. Pour elle je deviendrai la plus patiente des femmes.

 

Vous voyez, lorsque je vous ai affirmé avoir rencontré un ange je ne vous mentais pas. Un simple regard et la magie nous a fusionnées. Je suis sûre que vous avez déjà ressenti cela ou que vous le vivrez vous aussi un jour, qu’importe la personne. C’est à la fois étrange et effrayant, dans la mesure où ayant un esprit très cartésien j’ai encore du mal à faire face à ces sentiments impalpables qui me lient à mon bébé. Mais c’est en tout cas le bonheur que je vous souhaite car aujourd’hui je trouve qu’extérioriser ce que j’ai au plus profond en moi, vous faire partager ce que les gens cachent de plus intime, c’est à dire le contenu de leur cœur, est formidable. Il est incroyable de voir comment un petit bout de chou peut changer une personne.

 

Certains ont  foi en la religion, d’autres en la guerre ou encore en l’argent. Moi j’ai foi en mon ange, ma filleule, en l’amour que je porte en elle. Je vous ai parlé d’elle uniquement parce qu’il s’agissait d’un élan de mon cœur, souvent blessé par de nombreuses trahisons qu’elle a su inconsciemment cicatriser. Son innocence, sa pureté toucherait l’âme la plus glaciale et la plus désespérée, attendrirait quiconque s’en approcherait. C’était une partie de ma vie. C’est une partie de la sienne qui commence. Et il nous reste encore du chemin à parcourir ensemble. Aussi longtemps que je pourrai je lui montrerai que, pas loin d’elle, se trouve une personne qui l’aime.

 

Chercheriez-vous une morale à tirer de tout cela ? J’abrège alors vos réflexions : il n’y en a point. C’était seulement et simplement la joie d’une jeune femme qui voulait montrer à quel point elle était fière d’être marraine.

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 17:34
Voici un texte que j'ai présenté au concours du CRIJ pour être membre du jury au festival de Cannes il y a 2 ans. Texte hélas rejeté :


Cinéma et lumière sont indissociables. Est-ce d'ailleurs un hasard si le cinématographe a été inventé par Louis et Auguste Lumière ? Au-delà de ce jeu de mot, il n'est pas absurde d'affirmer que le cinéma est l'expression même de la lumière au sein des ténèbres. En effet, c'est avant tout dans les salles obscures que le film, en éclairant l'écran, prend vie. Je me laisse ainsi emporter par l'obscurité de la salle et la lumière, à la fois celle de l'écran et celle qui permet de comprendre, me guide. Je tente alors, au travers de la lumière, de comprendre en quoi les films que j'ai vus m'ont émue et en quoi ils représentent, à mes yeux, des œuvres immortelles car intemporelles.

La lumière, un moyen de représenter l'ambivalence au cinéma

Le cinéma se caractérise dès son origine par un univers de contraste : le noir et le blanc, autrement dit l'ombre et la lumière. L'un n'existe pas sans l'autre. En 1941, Orson Welles s'était inspiré de réalisateurs expressionnistes allemands afin de mettre en relief, dans son film « Citizen Kane », la lutte de l'ombre et de la lumière comme combat physique du bien et du mal. Cette dichotomie des plus classiques, qui associe l'ombre avec le Mal et la lumière avec le Bien, deviendra par la suite un symbole à valeur de cliché. Plus précisément, elle deviendra la référence de l'utilisation symbolique de la lumière dans les films.
Deux séquences illustrent particulièrement l'importance de la lumière dans un film en noir et blanc : elle n'a jamais été aussi pure et aussi évidente que lors de deux trajets en barque, celui de deux enfants dans « la nuit du chasseur » de Charles Laughton (1955) d'une part, et celui des protagonistes des « contes de la lune vague après la pluie » de Kenji Mizoguchi (1954) d'autre part. Le film de Laughton joue essentiellement sur les dichotomies. La lumière n'échappe pas à la règle, que ce soit l'opposition du jour et de la nuit, de la lumière et de l'ombre, du studio et de l'extérieur. La séquence de Mizoguchi, marquée par une scène de brouillard, nous montre que jamais la lumière n'a été aussi éclatante que dans les ténèbres de la brume : nous voyons là où nous ne devrions, ne pourrions plus voir.
L'utilisation de la lumière comme moyen de représentation d'une ambivalence a perduré dans les films en couleur, comme en témoigne la scène de l'affrontement final entre Luke Skywalker et Dark Vador dans le film « le retour du jedi » de Georges Lucas (1983). Le visage de Luke est à moitié dans l'ombre : la lumière, en n'éclairant artificiellement que la moitié du visage du héros, insiste sur le conflit intérieur de ce dernier, partagé entre le côté clair auquel il appartient et le côté obscur dans lequel a basculé jadis Dark Vador, son père. Ici, la lumière symbolise parfaitement le Bien tandis que le Mal demeure dans les ténèbres.

La lumière comme magnificence de la mort

Si, comme je l'ai indiqué précédemment, la lumière représente symboliquement le jour, le Bien ou encore la vie, elle peut être à l'inverse le renforcement de la mort. Dans « les contes de la lune vague après la pluie », les plans sur le lac illustrent le passage de la vie à la mort : les protagonistes se dirigent vers la contrée des fantômes, ces derniers représentant à la fois les illusions et les esprits voulant s'emparer des vivants. Le fait de trouver dans une barque un homme sur le point de mourir renforce ce symbole et la luminescence du lac, cette lumière irréelle (propre aux fantômes) nous ramène à la réalité de la mort, ce pays sans rêve. Nous retrouvons cette même symbolique au début de « Citizen Kane » : une lumière sur Xanadu nous rappelle que Kane vient de mourir. Enfin, dans « Nosferatu » de Friedrich Murnau (1922), la nuit noire, durant laquelle le vampire emporte son cercueil depuis le port, est cependant baignée à l'écran d'une lumière crue.

La lumière artificielle comme conception oppressante du monde

Il me semble impossible d'évoquer le thème de la lumière sans évoquer le film « Blade Runner » de Ridley Scott (1982). La lumière a cependant une signification différente de celle des œuvres précédemment citées. Dans ce film, c'est sa rareté qui fait sens. L'action de « Blade Runner » se situant dans les bas-fonds d'une mégapole, la lumière y est avalée par l'obscurité. Cet effet traduit un sentiment d'insécurité, d'oppression et de violence. C'est un éclairage artificiel qui remplace la lumière naturelle absente de la cité, absence qui renforce à la fois l'atmosphère oppressante du film et le caractère « grouillant » de la ville. Sa brusque intensité enlève aux protagonistes leur intimité.
A travers « Blade Runner », Ridley Scott nous propose un futur désenchanté (noir, pollué, industriel) et dénonce à la fois la saturation et l'aliénation urbaine. La lumière devient ainsi ce qui éclaire l'esprit, l'élément qui fait comprendre dans quel monde nous pourrions nous diriger. Le film représente alors une réalité imaginée.

La lumière naturelle, une caution réaliste et esthétique

La lumière cinématographique n'est pas exclusivement artificielle, elle ne résulte pas uniquement d'un éclairage imposé. Les films « Sacré Graal » des Monty Python (1974) et « Barry Lyndon » de Stanley Kubrick (1975) révolutionnent l'emploi de la lumière au cinéma en proposant une lumière naturelle. L'effet recherché par les réalisateurs ainsi que l'effet de cette lumière sur les spectateurs diffèrent d'un film à l'autre.
L'utilisation de cette lumière s'explique chez les Monty Python par une restriction budgétaire : ainsi, ce n'est que par souci d'économie que le groupe comique britannique a recouru à un éclairage naturel. La lumière des torches, dans les grottes et dans les châteaux, provoque un effet de réalisme qui cadre avec les évènements de la narration. Cependant, cet effet démontre également le décalage entre une représentation réaliste de ces évènements et l'emploi assumé du non-sens par le groupe. La lumière naturelle, par son utilisation et ses effets involontaires, renforce l'identité comique des Monty Python.
Certains ont expliqué l'utilisation de la lumière naturelle par Stanley Kubrick comme un parfait exemple de sa mégalomanie. En utilisant cet éclairage naturel, Kubrick recherchait surtout la fidélité à l'atmosphère et à la luminosité de l'époque de la narration (XVIIIème siècle). La lumière fait naître des paysages extérieurs qui nous paraissent parfois irréels : le soleil sur la verdure lui donne une couleur pastel qui n'est pas sans rappeler celle des tableaux. En effet, la lumière naturelle transfigure en tableau ce qui est filmé. Les intérieurs, éclairés à la bougie, représentent une réalité que nous ne connaissons plus, du fait de l'invention de l'électricité. Les pièces se partagent l'ombre et la lumière, ce qui donne aux séquences une ambiance réaliste et intimiste, à la manière d'un tableau de Georges de la Tour. Le film devient un art, un art produit par l'homme et opposé au naturel, alors même que la lumière naturelle produit cet art. La lumière traduit également la richesse : l'éclat des dorures n'a jamais été plus rutilant à la lumière naturelle qu'avec un éclairage artificiel. Le nombre de bougies insiste sur le contraste entre la noblesse, lumineuse, et les moins nantis, dans l'ombre. Les personnages, les costumes n'en sont que plus sublimés.
Si la lumière naturelle a un effet réaliste involontaire chez les Monty Python, elle a un effet d'œuvre d'art volontaire chez Stanley Kubrick.

La lumière tend alors à représenter l'esthétique d'un film. On la recherche, on la cultive, elle est le symbole de la beauté, de la richesse et de l'intérêt d'une œuvre. Ce n'est sûrement pas un hasard si Laurent Boutonnat a renforcé artificiellement la luminosité de ses champs de blé dans son film « Jacquou le croquant » (2007). La lumière, ainsi dosée, peut transformer n'importe quelle séquence en tableau.

Certains des films présentés ici sont considérés, dans leurs registres propres, comme parmi les plus grands chefs-d'œuvre du cinéma. Même si le montage joue un rôle capital dans leur succès, il n'est nul doute que la lumière a permis à ces films de rester des références dans le domaine cinématographique. Il n'y a rien de surprenant à entendre encore parler aujourd'hui de ces œuvres.

Dans l'univers cinématographique, la lumière ne s'arrête pas aux films qu'elle sert. Elle se prolonge dans les salles obscures, lorsque les lampes s'allument au rythme du générique de fin défilant à l'écran. La lumière est le signe d'un retour à la réalité, même si la spectatrice que je suis demeure encore, à cet instant, dans le film qu'elle vient de voir.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 17:34
Critique du film "Deux frères" de Jean-Jacques AnnaudLe sujet est vraiment original (les héros sont des tigres) et le réalisateur réussit aisément à concilier spectacle et engagement écologique. En revanche, il ne faut pas réfléchir à deux fois pour savoir s'il faut emmener les enfants voir le film. Sa cruauté générale (les tigres en bavent) et parfois une certaine violence dont Annaud aurait pu se passer font qu'on ne peut absolument pas qualifier le film de “ familial ”. Pour ma part j'estime que le film est trop dur pour une majorité d'enfant : cela est dû par ce que certains appellent “ anthropomorphisme ”, nécessaire pour nous rendre les tigres, surtout les bébés tigres, attachants. Et nous permettre de nous révolter sur leur sort. Au niveau technique, les “ effets spéciaux loupés ” de certains ne sont que secondaires face au résultat global, la prouesse des dompteurs ainsi que de la photo sont en revanche à féliciter.

Déception pour le jeu des acteurs humains : Philippine Leroy-Beaulieu est très mauvaise, J.C Dreyfus est faux à force d'en faire des tonnes et le personnage de l'empereur reste bien creux et fade malgré son face à face au tigre dans sa cage. Saluons donc Guy Pearce, plutôt crédible en chasseur repenti et le jeune garçon, pur et juste. Les vrais héros du film, qui pour leur part jouent vraiment bien, sont évidemment Koumal et Sangha, dont on voit certes exclusivement les relations avec les humains, pas très glorieuses, mais qui représentent tout de même bien le titre du film : “ Deux frères ” montrent la reconnaissance de deux tigres à l'âge adulte, dont la jeunesse et la complicité leur ont été volées. Les scènes de jeux après les retrouvailles sont émouvantes, les jeunes tigres rattrapant le temps perdu et reprenant leur vie là où, ensemble, elle s'était arrêtée. Si, comme je le signalais plus haut, certaines scènes violentes auraient pu être évitées sans ternir l'histoire principale (le sang sur l'objectif de la caméra lors de la mort du papa tigre ; l'exécution du vieux tigre César...), certaines auraient pu mieux être exploitées (la scène où les frères sur un gradin surplombant les téléspectateurs au milieu de l'arène aurait pu davantage symboliser que les monstres n'étaient pas ceux qu'on croit). Sur tout le film, il n'y a pas vraiment de répit pour les tigres, ou alors ça finit mal. Quelques scènes nous arrachent un sourire voire un rire, mais elles sont désespérément trop peu nombreuses et trop courtes. Et en voyant l'irrésistible bouille des bébés Koumal et Sangha, on a mal en imaginant tous les malheurs qui arrivent. Leur regard, leur miaulement rauque, leur beauté et leur innocence de bébé nous font immédiatement adhérer à leur cruel sort, face aux êtres humains cupides et stupides.

Les sensibles pleureront donc assez souvent. De quoi juger nos semblables pour leur comportement encore d'actualité (chasse aux baleines, aux bébés phoques et...aux tigres entre autres) et presque regretter d'être un humain. Bref, un beau film pour public averti, sur fond de temple d'Angkhor et de rivière sculptée.


Autre lien de critiques : http://www.ciao.fr/Deux_freres__Avis_655364

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 17:32

LE DROIT DES ANIMAUXPréambule : distinction entre « bien-être animal » et « droit de l'animal »

Notre rapport aux animaux a évolué depuis des siècles, à travers notamment la mutation de notre relation au vivant fondée sur les progrès de la sensibilité, sur la prise de conscience de l'écologie ou encore sur les découvertes de la science. Nous n'appréhendons plus les animaux de la même façon qu'aux siècles précédents.
On s'est longtemps demandé si les animaux possédaient une âme. On se questionne aujourd'hui sur la pertinence pour les animaux d'avoir des droits. Parler de « droits des animaux » amène à questionner à la fois notre rapport affectif à leur égard et à faire un parallèle avec les droits relatifs aux êtres humains. C'est dans cette optique qu'il conviendra, pour commencer, de faire la distinction entre le respect envers les animaux et le respect envers les droits des animaux.
Selon le site Wikipédia, l'on parle de « bien-être animal » lorsque ses défenseurs préfèrent mettre l'accent sur la moralité de l'action (ou inaction) de l'humain vis-à-vis de l'animal, contrairement aux partisans des droits des animaux qui insistent plutôt sur le statut philosophique ou juridique de l'animal. Ainsi, les défenseurs du bien-être animal estiment que les humains ont la responsabilité morale de ne pas être la cause de cruauté, définie comme souffrance inutile, à l'égard des animaux. Ce qui sous-entend que ces défenseurs permettent l'utilisation par les humains des animaux dans certaines circonstances, contrairement aux défenseurs des droits des animaux.
La frontière est pourtant mince entre bien-être animal et droits de l'animal : il semblerait que les défenseurs des animaux finissent toujours par toucher à l'aspect juridique, sans doute parce qu'il demeure la seule solution pour obliger les hommes à respecter les bêtes. Ainsi, des principes visant le bien-être animal sont érigés en lois dans de nombreux pays. En revanche, beaucoup d'entre eux ont du mal à reconnaître un droit animal.

Après avoir présenté la pertinence pour les animaux de posséder des droits, nous montrerons dans un deuxième temps à quel point cette question fait toujours débat. Dans un troisième temps, nous démontrerons que tous les animaux ne sont pas assujettis à la même considération dans les textes. De là, découlera dans la dernière partie le fait que les textes de lois ou déclarations présentent de grandes lacunes qui ont pour résultat de ne satisfaire personne.

- I. Quelle pertinence pour un droit des animaux ?

La reconnaissance de la souffrance animale :


Que ce soit pour parler du bien-être animal ou des droits des animaux, la souffrance est le premier critère que l'on prend en compte pour justifier la volonté de protéger juridiquement les animaux : nous vivons en effet de la souffrance animale que ce soit pour se soigner, s'habiller ou encore manger.
John Stuart Mills et Jeremy Bentham, fondateur du mouvement utilitariste, estimaient que tout être capable de souffrance et de plaisir avait des intérêts. Ainsi, cela n'aura aucun sens de dire qu'il est contraire aux intérêts d'une pierre de recevoir un coup de pied. Les évolutions techniques et scientifiques sur le comportement des animaux démontrent la capacité des animaux à ressentir. Le philosophe Peter Singer précise que la souffrance animale doit être prise en compte autant qu'une souffrance similaire, « pour autant que des comparaisons grossières soient possibles », de tout autre être et ce, quelle que soit la nature de l'être qui souffre.

L'animal possède une « culture » :

Notre connaissance de certaines capacités animales a également évolué au fil des années : Dans les années 60, pour la majorité des éthologues, l'animal est un automate biologique guidé par ses instincts, eux-mêmes programmés dans les gènes. Depuis, certaines études ont démontré que l'animal possède ce qu'on pourrait appeler « une culture » (les suricates, par exemple, peuvent transmettre l'enseignement de la chasse à leurs petits). Selon Michel de Pracontal, parler de cultures des animaux implique que l'animal a « non seulement une subjectivité, une capacité propre à ressentir et à « réfléchir », une forme de conscience ». Ainsi, il n'y aurait plus de raisons de considérer l'homme comme supérieur aux animaux : l'homme ne serait ni extérieur ni supérieur à la nature, il en ferait partie. Et si l'on considère que l'animal n'est pas au même rang que l'homme, il faut cependant prendre en considération l'ensemble du vivant.

Parler de « culture de l'animal » nous amène à nous interroger sur deux points :

- Remettre en cause une idée reçue : Si Jacques Julliard, dans le Nouvel Observateur, écrivait : « il n'y a pas de fondement rationnel, ni même raisonnable, à l'idée que la raison soit le seul fondement possible de la dignité d'un être vivant », les hommes affirment toujours être supérieurs aux animaux du fait de leurs capacités – notamment celle de parler – ou de leur intelligence. Darwin affirmait pourtant qu'il n'existait pas de caractéristiques exclusivement humaines : «La différence d'intelligence entre l'homme et l'animal le plus évolué est une question de degrés et non d'espèce.» On pourra alors se demander si la capacité d'utiliser le langage articulé est supérieure, au sens moral du terme, au pouvoir de voler ou de respirer sous l'eau.

- S'interroger sur le statut de l'animal : parler de « culture animale » reviendrait à le poser comme « sujet ». En effet, le Nouvel Observateur s'interroge sur la légitimité de poser la question des droits de l'animal alors que ce dernier, par sa « culture », est devenu un « sujet ». Et selon Dominique Lestel, « l'animal est devenu un sujet, non pas parce que nos projections populaires et affectives nous le font voir ainsi, mais parce que les travaux scientifiques les plus modernes ne nous laissent pas le choix » (les origines animales de la culture, 2001)

Cependant, affirmer que l'animal est un sujet ne signifie pas qu'il l'est à la manière humaine.

L'égalité de la considération des intérêts :

Parler de droit revient à évoquer l'idée d'assurer l'égalité. Parler de droit des animaux revient à parler d'une volonté de leur accorder les mêmes droits qu'à l'homme. On avancera alors l'idée d'une égalité de droits. C'est pourquoi il convient d'expliquer ce qu'on doit entendre exactement par « égalité ».
Gary Francione, professeur à la Rutgers University School of Law dans le New Jersey aux Etats-Unis (où il dirige un enseignement consacré au droit des animaux), estime que nous devrions appliquer, afin de faire évoluer le statut de l'animal dans nos sociétés, le principe d'« égalité de considération », principe selon lequel il faut traiter de façon égale des cas semblables. Il rappelle également dans un article que l'intérêt d'un être humain à ne pas être considéré comme propriété est protégé par un droit : « Nous devons étendre aux animaux ce droit que nous avons décidé d'appliquer à tous les hommes. Cela n'éradiquerait pas toute forme de souffrance, mais cela signifierait que les animaux ne pourraient plus être utilisés comme source de profit. Pourquoi jugeons-nous acceptable de chasser des animaux, de les emprisonner dans des cirques et des zoos, de les utiliser dans des expérimentations et de les manger, autrement dit de leur faire subir ce que nous n'oserions jamais infliger à aucun être humain ? »
Peter Singer, à travers son mouvement de libération animale, préfère avancer la thèse d'une égalité de considération des intérêts plutôt que celle d'une égalité de droits. En effet, s'il estime que le principe d'égalité, notion morale et réservée à l'homme, doit être étendu aux autres espèces, la thèse de l'égalité animale ne doit pas impliquer le fait d'accorder aux animaux tous les droits réservés aux êtres humains, tel que le droit de vote par exemple.
Ainsi, à défaut d'égalité de droits identique à celui de l'homme, l'animal bénéficierait d'un statut particulier où ses intérêts pourraient être respectés.

L'animal et le devoir :

Il serait cependant très controversé de parler de droits à l'égard des animaux dans la mesure où la notion de droit serait indissociable à la notion de devoir.
Selon Jean-Claude Guillebaud, les animaux, bien que « bénéficiaires de « droits » indiscutables », ne peuvent être sujets de droit puisque « tout droit implique un devoir correspondant. Les animaux n'ont pas de « devoir » à notre endroit » (le principe d'humanité, p.84-85). De même que nous pouvons lire dans le Nouvel Observateur qu'un citoyen bénéficiant de droits est aussi censé respecter la loi (que penser des canards qui violent les frontières sans passeport ?). Cela traduit, selon Michel de Pracontal, l'impossibilité de transposer à l'animal le droit et la loi, « notions créées par et pour l'homme ».
Si les animaux ne méritent pas d'obtenir des droits parce qu'ils n'ont pas de devoirs, qu'en est-il des devoirs de l'homme à leur égard ? On peut en effet s'interroger sur le fait d'avoir des devoirs vis à vis d'un être qui n'aurait pas de droits : Au XIXème siècle, le pape Pie IX refusa d'autoriser la création d'une société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, parce qu'une telle autorisation eut impliqué que les êtres humains ont des devoirs envers les créatures inférieures. On peut s'interroger sur la légitimité d'un tel acte qui rejette, en plus de la notion de droit de l'animal, le devoir de respecter la vie animale. Cependant, la plupart des points de vue à ce sujet convergent plus ou moins vers la notion d'égalité de considération des intérêts proposée par Peter Singer. Enfin selon J-C Guillebaud, « les droits de l'animal sont le pendant des devoirs de l'homme » dans la mesure où l'animal ne devient bénéficiaire de droit que sous le regard de l'homme.
Cependant, il existe une controverse au fait de ne pas accorder de droit aux animaux faute de devoirs de leur part. J-C Guillebaud dénonce ainsi la question consistant à se demander en quoi un nourrisson ou un adulte intellectuellement défaillant, qui n'a pas de devoirs, a plus de légitimité à posséder des droits que les animaux. Selon lui, Peter Singer et Paola Cavalieri estiment que « si l'on accorde les droits liés au statut d'humain à des personnes dont l'entendement est diminué, il faut accorder le même privilège à certains animaux » (le principe d'humanité, p.68). Il y voit ainsi une complaisance pour la rétrogradation de l'humain au statut d'animal.

Dans tous les cas, les textes de loi et mesures envers les animaux nous rappellent qu'ils sont adressés à l'être humain, puisqu'un animal ne peut pas attaquer un autre animal en justice. Il s'agira bien là de devoir de l'homme envers l'animal.

- II. Les animaux, sources de conflits

L'affrontement constant entre les défenseurs des animaux et leurs opposants :


Aimer les animaux reviendrait-il à nier l'être humain ?

C'est sans doute le problème le plus récurrent dès qu'il s'agit de parler de droits des animaux : les opposants jugent que l'on donne une importance trop grande au bien-être animal, alors même que le bien-être humain ou les droits humains fondamentaux ne sont toujours pas satisfaits pour de nombreux individus. Selon eux, les défenseurs des animaux devraient commencer par améliorer les conditions de vie de leurs congénères humains (la pauvreté en Afrique ou les enfants du Bangladesh sont les clichés les plus répandus) avant de réclamer des droits pour les animaux. Pourtant, respecter les animaux – sous-entendu les aimer – ne signifie pas obligatoirement mettre les humains de coté, de la même façon qu'aimer les chiens ne devraient pas signifier détester les chats.
Jacques Julliard écrit d'ailleurs à ce sujet : « Significative est la fureur que suscite chez certains toute marque de pitié envers les bêtes ou de solidarité à leur égard. (...) Comme si la compassion, cette « pitié suprême », était dans le cœur de l'homme une denrée en quantité limitée, en sorte que tout ce qui est donné à l'un serait enlevé à l'autre ».
Ce point de vue, à valeur d'opinion publique, est très présent dans les esprits et plus particulièrement dans la presse, comme le démontre cet extrait d'un chat Internet avec Reha Hutin (30 Millions d'Amis, Fondation reconnue d'utilité publique par décret du 23 mars 1995) :
- Interviewer : N'avez-vous pas peur parfois, à trop défendre les animaux, d'oublier les hommes ?
- Reha Hutin : Justement. En aidant les animaux, nous tentons d'aider les hommes. Nous avons une péniche qui accueille les Sans Domicile Fixe avec leurs chiens (...)

Le risque d'anthropomorphisme :

Jean-Yves Nau, dans un article du Monde daté du 25 août 2006, dénonçait la dérive anthropomorphique de l'intérêt que nous portons aux animaux, et plus particulièrement « l'évolution du regard porté par les hommes sur les bêtes, sur l'anthropomorphisme grandissant concernant ces derniers et sur les dangereuses confusions qui en résultent ». Il y a, selon lui, un effacement des frontières entre l'homme et l'animal. Il suffit de prendre comme exemple cette méthode américaine qui consiste à responsabiliser les prisonniers face aux animaux. Qui n'a jamais entendu parler de ces animaux qui, par leur présence, rendent les prisons « plus humaines » ? De même, les médias exposent régulièrement « le transport inhumain » des animaux d'élevage.
En revanche, Elisabeth de Fontenay sous-entend, dans le même journal, que la notion d'anthropomorphisme est un faux problème face à la détresse animale. Elle rappelle notamment que ce sont des hommes de progrès qui ont défendu l'idée d'un droit des animaux : « Ils ne craignaient pas, ces républicains, qu'on les soupçonne d'aller à contre-courant de l'émancipation humaine quand ils réclamaient l'élargissement du cercle de ceux qui ont ou devraient avoir droit au droit : ils y voyaient un véritable accroissement d'humanité ». Les évolutions scientifiques amènent des primatologues comme Diane Fossey, Jane Goodall ou Shirley Strum à affirmer qu'un chimpanzé ou un babouin possède une subjectivité, une « personnalité » propre, et que celle-ci n'est pas « une simple projection anthropomorphique » (Nouvel Observateur n°2200, p.13).
Accuser uniquement les défenseurs des animaux d'anthropomorphisme ne serait pas justifié. La frontière s'efface également lorsque l'homme a tendance à emprunter aux animaux certains comportements : l'enfant, en volant de ses propres ailes, quitte le nid. L'homme prête également aux animaux des défauts qu'il possède : la pie est voleuse ; le renard ne se nourrit pas dans les poulaillers, il vole, etc. Ainsi, si certaines personnes reprochent alors nos projections sur les bêtes, la théorie inverse nous est proposée à la fin d'un documentaire sur les singes : « l'homme a toujours fait en sorte de déshumaniser ce qu'il voulait tuer »

Des débats constamment houleux :

Il suffit de regarder les émissions télévisées ou de lire la presse pour se rendre compte du « déchaînement des passions » que provoque la cause animale. Ainsi, les manifestations contre les expérimentations animales se terminant par des laboratoires détruits ou des animaux relâchés dans la nature ont contribuées à donner aux défenseurs des animaux une image de « réactionnaires » voire de « terroristes ». De même, les débats tendus démontrent à quel point une conciliation entre les différents intervenants est impossible. La chasse est un de ces nombreux exemples de conflits insolubles car cette activité pose une question essentielle : Qu'il s'agisse de la chasse à courre, aux oiseaux ou aux loups, l'homme peut-il tuer un être vivant pour se divertir (voir annexe II) ?
Un des conflits récurrents depuis de nombreuses années est celui qui touche à la fourrure. Ainsi, le scandale de l'utilisation des fourrures de chiens et de chats dans les défilés de mode français met non seulement en évidence la cruauté de la mise à mort de ces animaux – cruauté que nous connaissions hélas à travers l'exploitation des fourrures de bébés phoques – mais également le paradoxe entre l'interdiction de fabrication de ces fourrures sur le sol français et l'autorisation des importations. L'AFIPA obtiendra l'adoption d'un texte (Arrêté du 13 Janvier 2006) qui interdit l'importation, l'introduction et la commercialisation de la fourrure de chat et de chien en France. Cependant, les fourreurs et les stylistes n'hésitent pas à accuser les défenseurs des animaux de manipuler les images en montrant une réalité exagérée sur la souffrance animale et ce, quelle que soit l'espèce. (cf : émission « T'empêche tout le monde de dormir » présentée par Marc-Olivier Fogiel sur M6, le 10 octobre 2006)

C'est dans ce contexte hostile que Peter Singer proposait déjà en 1985 l'action illégale, « le seul moyen qui reste pour aider les animaux et pour obtenir des informations et des preuves sur ce qui se passe », lorsque le public est maintenu volontairement dans l'ignorance concernant la souffrance animale. Il s'agira cependant de rendre ces actions pacifiques, afin de ne pas tomber dans ce qu'il nomme « un climat de polarisation », rendant impossible l'usage de la raison et dont les animaux eux-mêmes finiraient par être les victimes.

- III. Des animaux et des lois

Notre rapport aux animaux dans l'élaboration des lois


Parler de droits des animaux reviendrait alors à parler d'égalité entre eux, égalité des espèces et égalité des individus. Pourtant, en fonction de notre rapport vis à vis d'eux, tous ne bénéficient pas du même traitement de faveur, et cela se ressent dans les mesures juridiques prises à leur encontre.

Les animaux domestiques favorisés

Nous pouvons lire sur le site Philosophie et Spiritualité que les lois qui régulent notre traitement des bêtes le font « en fonction du rapport que nous avons avec ces animaux, et en particulier de la ressemblance avec nous-mêmes que nous leur supposons ainsi que de l'affection qu'ils nous inspirent ». Nous sommes donc plus à même à vouloir protéger les animaux qui vivent avec nous, jusqu'à leur projeter notre mode de vie : les chiens sont toilettés et habillés à la mode, les animaux domestiques peuvent être incinérés, il existe des cimetières d'animaux, etc. Chiens et chats n'ont pas le même statut que l'animal source de profits servant surtout pour le travail ou l'alimentation : mouton, lapin, vache, etc.

Ainsi, les textes de loi ont plutôt tendance à protéger les animaux domestiques, c'est à dire « des espèces qui ont acquis des caractères morphologiques, physiologiques ou même comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d'une interaction prolongée, d'un contrôle voire d'une sélection délibérée de la part de l'être humain ». (Wikipédia)
Ce constat est encore plus observable après la lecture du rapport sur le régime juridique de l'animal de Suzanne Antoine : les animaux domestiques n'ont pas le même statut juridique que les animaux sauvages. Si certaines espèces d'animaux vivant dans la nature sont protégées, elles le sont en tant qu'espèces et non en tant qu'individus.
Dans son article, Peter Singer reprochait aux associations de protection des animaux de ne s'occuper que des espèces avec lesquelles elles ont le plus facilement des relations : « mais ils ne considèrent pas que l'attirance plus ou moins grande qu'un animal exerce sur nous ait quoi que ce soit à voir avec le fait qu'il soit mal de le faire souffrir.». Plutôt que de catégoriser et de hiérarchiser les animaux en fonction de notre implication affective, Peter Singer s'intéresse à la gravité de la souffrance, ainsi qu'au nombre d'animaux impliqués.

Les animaux sauvages : les « res nullius »

Expression latine utilisée en droit civil (droit des biens), on désigne par res nullius (littéralement la chose de personne) une chose sans maître, c'est-à-dire qui n'a pas de propriétaire mais qui est néanmoins appropriable. Ceci explique le cas de certains animaux (regroupés sous la catégorie de gibier) qui, malgré leur qualification de « sauvages » sont « la propriété » des chasseurs : sangliers, biches, faisans, etc.
L'être humain aurait du mal à cohabiter avec les animaux qu'il n'a pas domestiqués, même si ces derniers participent à l'équilibre de la nature. En outre, il existe différents critères d'appréciation des animaux non domestiqués ou sauvages.
Ainsi, nous aurons tendance à sauvegarder les animaux sauvages en fonction de leur rareté (la poule n'a pas les mêmes faveurs que le petit panda et le grand panda) ou de leur beauté (les requins et les serpents, en plus d'être dangereux pour l'homme, sont considérés comme laids). De même, les animaux qui dérangent l'homme auront tendance à être moins protégés, comme nous le verrons ci-dessous. Nous rappellerons ainsi que les rapaces (busards, faucons, buses, aigles) étaient autrefois considérés comme nuisibles, notamment parce qu'ils entraient en compétition avec les chasseurs de lapins. Une loi les protège depuis 1972. Les chasser est aujourd'hui totalement interdit.

Des animaux mal-aimés

Certains animaux sont victimes de nos idées reçues à leur encontre. Certaines de ces idées sont dues à des croyances qui se transmettent de génération en génération ou à des peurs ancestrales (pour les araignées et autres insectes par exemple). De ces croyances découle une attitude de méfiance, voire d'agressivité qui se ressent même dans notre langue. Ainsi, il n'est pas rare que l'on use arbitrairement de noms d'animaux comme insulte (rat, fouine, requin, blaireau, poule, morue, maquereau, etc.).
Mal-aimés, et donc mal protégés, ces animaux sont surtout mal connus.

La loi classe certains animaux comme nuisibles. Cette catégorie suscite l'ire des associations dans la mesure où les animaux, inscrits comme nuisibles, peuvent être tués même en dehors des périodes de chasse. Cette classification repose sur les motifs suivants : menace sur la santé publique et la sécurité publique, dommages importants aux activités agricoles, forestières ou aquacoles ou protection de la flore et de la faune.
Dans les faits, il n'est pas rare de constater que la classification d'un animal comme nuisible résulte également de la concurrence directe de ces animaux avec l'homme en tant que prédateur (chasse, pêche). Ainsi, l'on reproche au héron et au grand cormoran de consommer trop de poissons ; les chasseurs et piégeurs accusent le blaireau de commettre des dégâts sur les cultures ; les pies et corbeaux sont mal-aimés des agriculteurs parce qu'ils pillent les champs et picorent les graines des cultures. Le renard est l'animal le plus représentatif des nuisibles : les agriculteurs l'accusent de voler dans les poulaillers et les chasseurs voient en lui un rival dans la chasse au lapin. De plus, il est victime de la chasse à courre et de la peur de la transmission de la rage.
Certaines associations proposent le retrait de plusieurs espèces de la liste des nuisibles notamment tous les mustélidés et le renard qui ont un rôle de prédation indispensable dans l'équilibre de la faune sauvage.

Le loup, quant à lui, est actuellement l'objet de récriminations de la part des éleveurs. Bien qu'il appartienne à une espèce protégée à la fois par la Convention de Berne, ratifiée par la France, et par un arrêté spécifique du Ministre de l'environnement datant de 1993, il est victime d'abattages administratifs (arrêté ministériel autorisant l'abattage de quatre loups au maximum dans les Alpes en 2004 (élargi à 6 loups depuis). Edicté en juillet pour les Alpes du sud, l'arrêté avait été étendu aux Alpes du nord à la fin du mois de septembre).
En réaction à l'abattage administratif d'une louve dans la Drôme le 21 octobre 2004, le Professeur Nouët, président de la Fondation Ligue des droits de l'animal, et le Docteur Pierre Pfeffer, vice-président de la Société nationale de protection de la nature, démissionnent de l'Ordre du mérite agricole en renvoyant à Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture de l'époque, la distinction qui leur avait été attribuée en 1976 par Jacques Chirac pour leurs actions en faveur des espèces protégées. Hervé Gaymard proposait de remettre cette même décoration au premier qui abattrait un loup en France, ce qui est contradictoire avec la portée initiale de la décoration.
Les loups, réapparus dans les Alpes françaises en 1992, sont estimés entre 55 et 60 par le ministère français, contre 2.500 en Espagne et au moins 500 en Italie.

L'ours provoque le même courroux de la part des éleveurs (annexe II) même si c'est l'idée de la réintroduction et donc de relâchement des ours qui pose problème. Les éleveurs se sont donnés le titre de propriété de la montagne et ne tiennent pas à le partager.
Selon le magazine « Découvrir et connaître la nature et les oiseaux » n°16, les dégâts des lynx, loups et ours sont surmédiatisés alors qu'ils seraient plus minimes : il rappelle que l'ours est omnivore et mange à 70% des végétaux.

Quelques associations spécifiques aux animaux :

Le WWF est la première organisation mondiale de protection de la nature. Elle compte plus de 4,7 millions de membres à travers le monde. L'organisation dispose d'un réseau opérationnel dans 96 pays proposant 12000 programmes de protection de la nature. Le WWF recherche dans le monde entier la concertation pour la mise en œuvre de solutions concrètes et durables. L'organisation a une réelle volonté d'impliquer l'ensemble des acteurs concernés : communautés locales, entreprises, gouvernements, organisations internationales et non gouvernementales. (source : site WWF)

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.
La CITES a été rédigée pour donner suite à une résolution adoptée en 1963 à une session de l'Assemblée générale de l'UICN (l'actuelle Union mondiale pour la nature). Le texte de la Convention a finalement été adopté lors d'une réunion de représentants de 80 pays tenue à Washington, le 3 mars 1973; le 1er juillet 1975, la Convention entrait en vigueur. Les Etats qui acceptent d'être liés par la Convention sont appelés "Parties". La CITES est contraignante – autrement dit, les Parties sont tenues de l'appliquer. Cependant, elle ne tient pas lieu de loi nationale; c'est plutôt un cadre que chaque Partie doit respecter, et pour cela, adopter une législation garantissant le respect de la Convention au niveau national. (source : site de la CITES)

La ligue française des droits de l'animal a été fondée en septembre 1977. D'abord association reconnue d'utilité publique par décret du 7 novembre 1985, elle est devenue fondation reconnue d'utilité publique par décret du 21 juillet 1999. Depuis 1991, la Ligue est présidée par Jean-Claude Nouet, professeur à la Faculté de Médecine. En écartant tout "anthropomorphisme" et tout "spécisme", son objectif est de conduire le genre humain à reconnaître que les animaux possèdent des droits naturels fondamentaux: droit à la vie, droit au bien-être, droit à être reconnu comme être sensible et à ne pas souffrir par la faute de l'homme.

Le mouvement de la libération animale instauré par Peter Singer s'appuie sur le spécisme et s'inspire des mouvements des Noirs et des femmes.
Nous pouvons définir le spécisme comme la priorité systématique accordée à la satisfaction des intérêts des membres de l'espèce humaine, ou l'opinion selon laquelle l'espèce humaine à laquelle appartient un être serait en elle-même une caractéristique moralement pertinente.

- IV. Conflits et lacunes juridiques

Quand les lois favorisent la discrimination entre les espèces animales


Nous le constatons tout au long de ces siècles, les textes de loi ont favorablement évolué en faveur des animaux. Cependant, nous avons également constaté que tous les animaux n'étaient pas égaux devant la loi (voir page 6,7,8). Pour les activités comme la chasse, les exhibitions et spectacles (cirques, tauromachie) ou les activités commerciales (élevage), il existe une législation spécifique dont la nature et la sévérité varient d'un pays à un autre.
Les défenseurs des animaux s'attaquent par ailleurs à d'autres domaines où il est question du bien-être animal comme l'alimentation ou encore les pratiques religieuses (Annexe IV).
Nous donnons ci-dessous quelques exemples d'utilisation de l'animal permise dans les textes de loi et qui suscitent souvent l'ire de certaines associations.

Bien que contrôlés par certains textes juridiques, la pêche et la chasse sont deux activités souvent dénoncées par les associations de défense des animaux.
Ainsi la pêche au vif, qui consiste à utiliser comme appât un petit poisson vivant pour attraper un poisson carnassier, tombe sous le coup de l'article 521-1 du Code pénal qui réprime « le fait d'exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ». Conservé dans un seau depuis sa capture (par le pêcheur ou par un vendeur d'articles de pêche “et d'appâts vivants”), le petit poisson est à l'évidence un animal “tenu en captivité”, selon la fondation de la ligue française des droits de l'animal.
La partie sur la chasse est regroupée dans l'annexe II, tant ce sujet est dense. (cf également partie débats houleux)

Au nom de la tradition, d'autres animaux sont sacrifiés dans les textes de loi. La corrida et les combats entre animaux font partie de ces jeux autorisés et qui pourtant font preuve de cruauté envers les bêtes. En effet, le code pénal consacre un chapitre sur les sévices graves ou actes de cruauté envers les animaux. Cependant, l'article 521-1 exclut des peines pour cruauté envers un animal les courses de taureaux et les combats de coqs en raison d'une tradition locale ininterrompue. (cf annexe III).

Si les animaux domestiques semblent avoir toute notre attention, il n'en pas forcément de même pour les animaux d'élevage tels que les cochons, les veaux ou les poules. Les normes réglementant l'élevage (transport, espace minimal) sont plus dictées par des impératifs économiques qu'éthiques. Certains parlent alors de « vie non naturelle » en ce qui concerne ces animaux. (cf annexe II)

Tous les animaux ne sont pas égaux devant la fourrure : si la France a pris un arrêté ministériel en 2006 qui interdit l'importation et la vente de fourrures de chiens et de chats sur le territoire, il ne faut pas cependant perdre de vue que certains animaux sauvages sont toujours braconnés pour leur peau (léopard, ocelot, lapin, chinchilla...). En France, l'ADAC avait recueilli 10000 signatures contre le défilé des Danois en fourrure de phoques aux Jeux Olympiques d'Albertville en 1992. Aujourd'hui, le Canada a repris la chasse aux phoques alors qu'il n'est plus nécessaire, à notre époque, de porter de la fourrure pour se vêtir.

Enfin, l'utilisation des animaux dans la recherche scientifique demeure une éternelle controverse. Pour des raisons éthiques, doit-on encore utiliser les animaux dans le domaine médical, au risque de ne plus pouvoir se soigner ? (cf annexe I)

Si ces sujets sont si sensibles, c'est parce que nous sommes capables de ce que le site Philosophie et Spiritualité nomme « morale relative », c'est à dire de ne pas infliger de souffrance inutile. C'est pourquoi l'élevage de poules, oies, lapins en batterie ou encore les traditions comme la corrida indignent : « il ne nous est pas nécessaire non plus pour notre distraction de voir périr une pauvre bête dans l'arène comme y périssait autrefois le gladiateur ». Cependant, lorsqu'il s'agit d'expérimentation animale, l'être humain est forcé de choisir entre sa santé, voire sa vie, et celle des animaux.

Quand les lois ne sont pas appliquées

L'opinion ne peut que constater la non-application de la loi : ainsi, les peines des maltraitants des animaux sont souvent inférieure à celles inscrites dans les codes. Il y a donc un sentiment d'impunité pour les personnes qui violent les droits des animaux ou qui n'appliquent pas leurs devoirs à leur égard. Affirmer que c'est interdit n'empêche ni les dérives ni les abus, comme en témoigne l'actualité (les chenils illégaux, le transport des animaux de ferme, etc.)

Exemple de la déclaration universelle des droits de l'animal :

La déclaration universelle des droits de l'animal, proclamée le 15 octobre 1978 à la Maison de l'Unesco à Paris définit un cadre éthique, et non une législation.
Loin de faire l'unanimité parmi les juristes et les philosophes, qui reprochent notamment à son préambule d'être anthropomorphiste puisque calqué sur les droits de l'homme (voir J-C Guillebaud), elle est considérée comme « une étape visant à amener l'homme au respect de la vie sous toutes ses formes pour le bien de toute la communauté biologique à laquelle il appartient, et dont il dépend ». Cette déclaration n'a pas pour but de remettre en cause les droits accordés aux êtres humains mais de permettre à l'Homme de retrouver « sa place parmi les espèces vivantes, et à s'intégrer à nouveau dans l'équilibre naturel, condition fondamentale de sa propre survie ».
A la lecture de certains articles de cette déclaration, nous constatons qu'il est parfois difficile de concilier les textes et les faits.

Article 3
1- Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
2- Si la mise à mort d'un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d'angoisse.
3- L'animal mort doit être traité avec décence.

Le traitement par les autorités de la grippe aviaire ne relève pourtant pas de cet article. En effet, au nom du principe de précaution, des centaines de volatiles à travers le monde ont été enterrés vivants et recouverts de chaux, après avoir été entassés par sacs entiers. Si nous pouvons débattre de la nécessité d'euthanasier ces animaux plutôt que de les vacciner, la mise à mort pourra être jugée inutilement cruelle. Les mêmes constatations peuvent être faites à propos du traitement de la rage en France l'été 2005 (des chiens euthanasiés avant même les résultats des examens ou la fin de la quarantaine).

Article 5
4- Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.

Cet article, et la déclaration en général, excluent le principe de « tradition ininterrompue » prévu par l'article 521 du code pénal concernant notamment les corridas et les combats d'animaux. Cependant, certaines traditions sont hors-la-loi : les paris, pourtant prohibés en France, font partie intégrante des combats de coqs.

Au nom de la tradition ininterrompue, on continuera à pratiquer la corrida ou les combats de coqs quand en Angleterre, la chasse à courre (chasse au renard) qui est pourtant une tradition, a été interdite malgré les contestations.
Cette tolérance est d'ailleurs très contestable, tant sur le plan moral que sur le plan juridique : tous les Français doivent, par principe constitutionnel, être assujettis à la même Loi.

Les projets et actions des défenseurs des animaux

Le statut de la personnalité juridique de l'animal :

Le code civil, à travers ses articles 528, 522 et 524, considérait l'animal comme une chose : il était objet de droit dans la mesure où, rattaché à une exploitation, il était source de profits et servait surtout pour le travail.
Aujourd'hui, l'ambition de certains défenseurs des animaux est de conférer une personnalité juridique à l'animal. Alors que cette éventualité était déjà évoquée dans l'article 9-1 de la déclaration universelle des animaux, Dominique Perben, alors garde des sceaux, confiait en 2004 à Suzanne Antoine, présidente de la chambre honoraire à la Cour d'Appel de Paris et trésorière de la Ligue des droits de l'animal, une mission de réflexion sur le régime juridique de l'animal. Il en résulte notamment que la préoccupation sociale de la protection animale fait désormais l'objet de débats sur les frontières de l'humanité et de l'animalité. Il s'agit essentiellement de problèmes liés au code civil : soit il convient de retirer l'animal de la catégorie des biens, soit il convient de le laisser dans la catégorie des biens, mais en créant la catégorie des « biens protégés », indépendamment des biens meubles et immeubles.
Selon Elisabeth de Fontenay, la notion de personnalité juridique, ne se confondant pas avec celle de sujet de droit, ne tend aucunement à effacer la frontière entre l'humanité et l'animalité. Il s'agissait avant tout de ne plus assimiler l'animal à une chose : la bête n'est plus une chose ou un bien, pour autant qu'on classe les actes de cruauté envers les animaux dans une catégorie distincte de crimes et délits.
Ainsi, nous sommes loin de l'animal considéré alors comme propriété : en 1800 le journal The Times écrivait à propos d'une proposition de loi pour interdire le bull-baiting (mise à mort d'un taureau par des chiens) : « Est tyrannie tout ce qui interfère avec l'usage privé et personnel que l'homme fait de son temps et de sa propriété »

Pour conclure...

Prétendre que les animaux ont des droits n'est pas si évident, comme nous avons pu le constater, dans la mesure où il est facile de faire l'amalgame entre les droits des êtres humains et la considération juridique que nous accordons aux animaux. Gandhi affirmait cependant qu'on « reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux. » Si la question de la légitimité pour les animaux de posséder des droits, ainsi que leur place en tant que sujets de droit font toujours débat, nul doute qu'il ne faut pas oublier malgré tout de respecter et de protéger les animaux, en luttant notamment contre toute forme de cruauté. Même si une loi ne règle jamais définitivement les problèmes (ici ceux liés aux animaux), elle donne cependant un cadre légal à leurs éventuelles résolutions. Donner un cadre juridique à l'animal, même s'il présente des lacunes en matière d'égalité et d'intérêts envers et entre les animaux, permet à l'homme de prendre conscience de sa place vis à vis de la nature. L'évolution des droits des animaux ne doit pas faire penser à une éventuelle rétrogradation de l'humanité, mais à une préservation des droits humains.

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Published by Meghann25 - dans Défense animale
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 17:32
Projet de loi sur la formation des enseignants : injuste !La mobilisation universitaire repart, la "masterisation" en discussion

La mobilisation universitaire a repris mercredi du poil de la bête, avec 30.000 à 60.000 manifestants dans tout le pays et comme principal motif de mécontentement la réforme de la formation des enseignants, objet de discussions au ministère de l'Education.

"République! On tue ton école, ton université et ta recherche", pouvait-on lire en rouge sur une banderole portée par des étudiants à Paris. Des manifestants opposés à la réforme de la formation des enseignants, ou masterisation, criaient de leur côté: "On veut un Capes, pour pas finir CRS".

Mais, avec l'emploi, le principal motif de mécontentement était la réforme de la formation des enseignants, dont les manifestants demandent le report d'un an, critiquant notamment son caractère précipité et le manque de formation devant leurs classes des futurs enseignants.

"La masterisation des enseignants est ce qui cristallise le plus les inquiétudes car elle aura des répercussions sur l'ensemble du système éducatif", a commenté dans le cortège de Bordeaux Julien Verger, un des porte-parole du collectif départemental "Sauvons l'éducation".


A l'adresse http://actu.orange.fr/articles/france/La-mobilisation-universitaire-repart-la-masterisation-en-discussion.html

Mon copain passant actuellement les concours du CAFEP et de l'Agrég de philo, il se sent concerné.
Selon lui, c'est une mauvaise idée : il va y avoir un nivellement entre le CAPES et l'Agreg. Jusqu'ici ils étaient respectivement Bac+3 et Bac+4, on ne voit pas trop ce qui fera la différence entre l'enseignement au collège et au lycée. Que deviendra l'Ecole Normale Supérieure ?

Nous voilà face à un master d'enseignement : est-ce que cela revient à fermer la porte de l'enseignement aux autres masters ? On a l'impression qu'en arrière-plan les concours semblent condamnés au profit d'un recrutement sur titres (ledit master d'enseignement), ouvrant la voie à une embauche sur simple entretien. Bonjour le gain de niveau : il faut un sacré niveau et du travail pour réussir un concours, le copinage et le bagoue risquent de se substituer aux compétences.

On se demande : ceux qui n'auront pas réussi leurs concours cette année, quelle que soit l'année d'obtention de leur diplome, vont-ils devoir se taper l'obtention d'un master d'enseignement s'ils ne sont que Bac+3 ou Bac+4 ?
S'il n'y a pas rétroactivité, on se demande sur quels critères ils devront ou non obtenir un Bac+5 : date butoire d'obtention du diplome ? Ou encore, justification d'un certain nombre d'années d'enseignement ? Vu le peu de postes par rapport au nombre de littéraires sur le carreau, cela reviendrait à définitivement exclure ceux qui n'ont pas réussi à être déjà dans la place...

Bref, pour mon conjoint il ne s'agit que d'un alignement sur les systèmes scolaires européens, sans réfléchir une seule minute aux conséquences et au foutoir que cela va causer.

A noter que la population ne soutient pas les manifestations des enseignants et étudiants hostiles à ce projet.
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 17:30
Le NOCTARIUM de la Citadelle de Besançon : Etude du musée et de sa fréquentationLe Noctarium de la Citadelle de Besançon a été choisi comme objet d'étude sur la réception des musées des sciences. Il s'agit d'un musée original, tant sur le thème que sur la présentation de ce thème, à savoir la vie des rongeurs nocturnes dans un habitat naturel quasiment recrée. Il était intéressant d'imaginer si le parcours voulu par le concepteur est celui décidé par le visiteur, ce qui devrait indiquer si les visiteurs ont perçu les intentions du concepteur et sont sensibles à l'originalité de ce musée.
Nous allons donc tout d'abord vous exposer les intentions du concepteur, puis ce que nous avons perçu du parcours qu'il a avait conçu et enfin, à l'aide de questionnaires et d'observations, nous avons analysé ce que perçoivent les visiteurs de ces intentions.

Les objectifs du concepteur

Le concepteur semble nous faire vivre au rythme des petits mammifères nocturnes. Grâce à une inversion jour/nuit, le concepteur veut nous faire observer la vie méconnue des petits mammifères nocturnes de nos villes et nos campagnes : campagnols, loirs, lérots, mulots.

Il promet une ambiance étonnante dans un parcours qui nous fera redécouvrir nos cinq sens.
Pour observer de jour (pendant la présence des visiteurs), il faut avoir recours à une technique de type « nocturama » par un jeu de lumière approprié, on parvient à simuler une nuit artificielle (pendant le jour naturel) et un jour artificiel (pendant la nuit naturelle), et il décale ainsi le rythme des animaux présentés (inversion jour/nuit).

En complément des autres présentations le muséum de Besançon illustre avec originalité et pour la première fois en France et sans doute en Europe, la nuit à la campagne et à la ville, dans un décor très réaliste et une ambiance exceptionnelle.
Le choix d'espèces de la région se justifie par la méconnaissance générale de ces animaux aux mœurs nocturnes. Il s'agit principalement d'animaux vivants à proximité immédiate de l'homme, souvent à son insu (rats, souris, lérots, ...).

Dans le noir il est presque impossible, même avec une bonne vue, de s'orienter, de reconnaître ce qui nous entoure. C'est pourquoi une muséographie accompagne le visiteur au cours de la visite et lui permet de voir, écouter, sentir, toucher et de comparer ses performances à celle des animaux nocturnes.

Le concepteur a opté pour l'originalité dans les décors : en effet, il a choisi une serre et un grenier reconstitués pour les loirs et les lérots et une cuisine où s'activent les souris grises. Dans la deuxième partie du Noctarium, des présentations très spectaculaires de deux espèces tristement célèbres : les rats noirs installés dans un grenier, et plus loin les surmulots ou rats d'égouts, dont on peut observer entre 100 et 200 individus s'affairant dans un grand égout.

Le parcours imaginé par le concepteur

Comme il nous était impossible de rencontrer le concepteur du Noctarium, il nous a fallu déduire ses intentions en fonction des choix de disposition, de thème, d'occupation de l'espace et du lieu...
Nous avons commencé par analyser la spécificité de l'exposition en identifiant son contenu. Le musée est organisé autour du thème des rongeurs la nuit, comme l'indique par ailleurs son nom (Noctarium vient de nuit ; le –ium a été pensé pour la continuité des noms des musées déjà présents à la Citadelle : climatorium, insectarium...). Le nom du musée annonce déjà son contenu thématique.
Ensuite, nous avons étudié les signes iconiques et les différentes représentations discursives afin de voir s'ils participent à l'identité du musée et s'ils ont un rôle dans la réception des visiteurs.

A l'intérieur du musée, le parcours, plutôt linéaire au niveau des panneaux didactiques et ludiques, est un peu plus « libre » en ce qui concerne les animaux présentés, leur disposition et leur ordre de présentation.
Tout dans le décor et l'ambiance est fait pour interpeller le visiteur. Dès l'entrée, une porte coulissante avec une souris blanche dessinée dessus annonce le coté ludique et curieux du musée. On pourrait également penser que cette représentation à faible degré d'iconicité est faite pour attirer un public large, en particulier les enfants dont on sait qu'ils ne sont pas forcément sensibles aux musées. Ensuite, nous pouvons observer la mise en scène des dispositifs pensés par le concepteur. Ce dernier fait appel à la capacité d'associations d'idées des visiteurs, à savoir qu'un mur bleu foncé est le symbole de la nuit, et laisse difficilement passer la lumière, et que la guirlande lumineuse au plafond symbolise les étoiles. Le décor du Noctarium est planté de telle sorte qu'à première vue, on sache d'entrée de quoi il retourne. Sur ce mur, un texte destiné aux visiteurs nous rend plus intimes avec ce que nous allons découvrir. Les caractères écrits sont de couleur blanche, afin de bien faire ressortir le texte. De même, le blanc sur fond nuit pourrait signifier « nuit blanche », comme pour nous indiquer que les rongeurs ne dorment pas la nuit. Le texte est là pour nous interpeller directement sur ce que nous allons voir : nous ne sommes plus des visiteurs passifs mais nous devenons acteurs de notre visite.

« Dans une ambiance clair de lune et des conditions naturelles, découvrez les petits animaux nocturnes de nos campagnes et de nos villes. Observez et écoutez attentivement...votre patience sera peut-être récompensée... »

Ce texte d'entrée sert d'accroche au visiteur : celui-ci y apprend clairement de quoi il va être question. Les points de suspension symbolisent la patience dont le visiteur devra faire preuve s'il souhaite que sa visite soit gratifiante. Les verbes « découvrez », « observez » et « écoutez » renforce le coté actif du visiteur en faisant appel à ses sens, de même que l'impératif montre que le concepteur s'adresse à lui comme s'il était en face : il y a connivence sur le contenu du musée et les règles à tenir.
A coté, un autre texte situé juste avant le début de la visite se place dans la continuité du précédent :

"Entrez lentement, adaptez-vous à l'obscurité, visitez silencieusement...n'effrayez pas les animaux."

Ici, le concepteur insiste plus sur les règles de conduite à tenir pour la pleine réussite de la visite. Il donne aux visiteurs les clés du fonctionnement du Noctarium, à ces visiteurs de les utiliser ou non.
Le premier panneau d'explication du Noctarium est un panneau lumineux (obscurité oblige) qui présente le Noctarium. Le visiteur y apprend entre autre la date de sa conception, sa mise en place, son rôle. Avant même que le visiteur ne commence sa découverte, on le met en possession de tous les éléments qui pourraient satisfaire sa curiosité, une manière peut-être de dire aussi « vous êtes prévenus » ou encore « une mauvaise surprise ne peut pas se produire, vous avez lu toutes les informations ».

Après ces préliminaires, le visiteur prend connaissance petit à petit des différentes zones de parcours du Noctarium découpées en sous thèmes. Un système de pilotage explicite « aide » le visiteur à accomplir sa visite comme le souhaiterait le concepteur. Le premier panneau lumineux considéré comme la « fiche d'identité » du musée en est d'ailleurs l'introduction. Le parcours est conçu de telle sorte que le visiteur soit guidé par les différents panneaux lumineux qui présentent les sous thèmes du Noctarium, à savoir les sens de la vue, du toucher, de l'odorat et de l'ouïe, quatre sens plus ou moins importants lorsqu'on appréhende dans la nature la recherche et l'observation des petits animaux nocturnes. Le concepteur a donc pris le parti de privilégier le sens de la vue (chercher les rongeurs derrière la vitre) et donné une grande place aux trois autres sens dans son musée. Chaque sens comporte un panneau lumineux explicatif accompagné d'un jeu (seul le sens de l'ouïe ne comporte qu'un panneau descriptif). Pour le toucher, le jeu consiste à glisser sa main dans un trou cylindrique dont l'intérieur est tapissé d'une texture qu'on doit deviner. Le jeu se fait par des questions à choix multiples, chaque proposition étant le pelage d'un animal à reconnaître. Pour l'odorat, le jeu consiste à appuyer sur un bouton qui envoie une odeur caractéristique à deviner. Là également il s'agit de questions à choix multiples. Il est à noter que les propositions concernent toujours des odeurs relatives à la nature et à la campagne en particulier, comme pour nous rapprocher encore un peu plus d'un environnement que nous, citadins, nous aurions tendance à oublier si nous ne nous promenons pas en dehors. Les réponses à ces questions nous renvoient aussi directement aux rongeurs, à sa nourriture ou son habitat naturel. Mettre en scène nos perceptions sensorielles de manière ludique reviendrait à penser que le concepteur a voulu sensibiliser et amuser le jeune public tout en étonnant et intéressant les adultes. Le coté ludique est renforcé par des dessins de souris à faible degré d'iconicité comme sur la porte d'entrée : ce type de dessin peut se retrouver dans des livres pour enfants. Ce genre de représentation pourrait témoigner du coté « mignon » des animaux, car les enfants sont plutôt sensibles à la « beauté » des animaux. Quant aux adultes, le concepteur a peut-être voulu créer pour eux une ambiance intime avec des animaux souvent méconnus d'eux et dont ils ont parfois peur. Tout est fait pour les familiariser à ces rongeurs et les mettre en confiance. Ces jeux permettraient d'attirer ces adultes pas forcément disponibles, pour leur faire redécouvrir la simplicité de certaines choses. Que ce soit pour apprendre ou faire appel à ses sensations et à ses déductions par le jeu, le concepteur imagine donc que les visiteurs n'hésiteraient pas à aller faire ces jeux afin d'enrichir leur visite : il a dû vouloir montrer qu'un musée, même d'animaux vivants, peut être attractif et pas ennuyeux.

Un autre dispositif placé au début de la visite proprement dite pourrait être considéré comme un jeu faisant appel à la vue. En effet, la première vitre que le visiteur rencontre est proche de l'entrée. Dans un premier temps, le visiteur se dira qu'il ne voit rien. Mais à coté de cette vitre, une pancarte explique qu'il faut rester plusieurs minutes devant afin de s'accoutumer à l'obscurité. Derrière la vitre se trouve un certain nombre d'animaux (empaillés) à trouver, animaux qui nous apparaissent au fur et à mesure du temps passé dans l'obscurité. Une fois tous les animaux trouvés, ce sera le signe que nous sommes prêts à observer les petits rongeurs dans le noir. Ce test sous forme ludique est prévu par le concepteur, et est recommandé pour les visiteurs : le jeu serait fait pour atténuer le coté « règlement », l'ordre donné par le concepteur servant de garantie à la réussite de la visite. Cependant, ce test ne pouvait se faire que par une recherche visuelle sous forme d'une partie de cache-cache.

Le concepteur du Noctarium a sûrement voulu miser, en plus d'un discours ludique, sur un discours didactique. En effet, en plus des panneaux lumineux sur les règles à tenir, des panneaux explicatifs sur le thème des quatre sens (voir ci-dessus) sont disposés en différents endroits du parcours. Dans le premier angle du bâtiment se trouve un panneau décrivant l'anatomie de l'œil, agrémenté d'une comparaison entre le « voir » des humains et le « voir » des animaux. Se référer aux humains nous permettrait de mieux imaginer, par rapport à notre vécu, si les animaux voient différemment de nous et comment. Un autre panneau d'explication sur l'odorat des animaux se trouve plus loin dans la visite, judicieusement placé à coté du jeu, et un autre sur l'anatomie de l'oreille se trouve dans le dernier angle avant la sortie. Un panneau sur le rythme de vie des animaux nocturnes se trouve le long du dernier couloir, juste à coté d'une des arcades permettant le passage d'une salle à une autre. Un autre dispositif témoigne de la volonté didactique du concepteur : une horloge située à l'entrée du musée. Celle-ci présente deux horaires différents, le premier se référant à l'heure extérieure (celle que nous utilisons), le second correspond à l'heure de la nuit, douze heures plus tard, heure à laquelle les petits animaux vivent. Cela semble confirmer la volonté du concepteur à sensibiliser les visiteurs pour que ceux-ci restent calmes, afin de ne pas troubler les activités des animaux.

Mais l'objet du Noctarium, les petits rongeurs, reste encore le point le plus attractif du musée. Le concepteur a placé sur le parcours chaque vitrine de manière à ce qu'aucune ne puisse passer inaperçue. Les animaux se trouvent de part et d'autres du premier couloir, ce qui appelle un parcours en zigzag de la part des visiteurs. On remarquera la même chose mi-parcours avec deux vitrines l'une en face de l'autre, séparées par un jeu. Deux chemins sont alors possibles : aller voir d'abord le loir et/ou jouer, ou observer d'abord les souris, puis le loir. Ensuite, le parcours se fait plus linéaire dans la mesure où l'on ne peut plus apercevoir d'animaux que sur la droite. Cette restriction s'explique peut-être par la structure du bâtiment. Si c'est le cas, cela peut offrir inconsciemment une hypothèse sur la réception : disposer les vitrines sur un seul coté peut obliger les visiteurs à toutes les rencontrer, et par là les regarder.

Chaque animal dispose, dans sa vitrine, d'un décor censé représenter leur habitat naturel. On obtient alors deux visées : d'abord, les visiteurs peuvent découvrir dans quel paysage ils seraient susceptibles de rencontrer ces animaux, ensuite, cela permet aux animaux et aux visiteurs de ne pas se sentir « dépaysés » et, le cas échéant, d'avoir des cachettes afin de se réfugier. Ainsi, le concepteur a recréé un égout pour les surmulots (plus communément appelés rats), une grange pour les lérots et divers décors campagnards pour le reste des rongeurs. Une exception pour les souris, qu'on retrouve dans le Noctarium se promenant dans une cuisine : peut-être un clin d'œil à toutes les représentations audiovisuelles qui utilisent les souris dans les cuisines des femmes afin de faire hurler de peur ces dernières, d'autant plus que d'après un sondage, près de trois quarts des gens ont peur des souris. A noter que le décor extérieur de cette vitrine représente deux volets de chaque coté, et des rideaux en haut de la vitre. Cela nous donne l'impression d'espionner de l'extérieur. En mettant les souris de l'autre coté de cette vitre, le concepteur a peut-être voulu montrer le lien entre la vie des souris et la vie des hommes et qu'en regardant bien, ces rongeurs ne sont pas si terribles !

Entre chaque vitrine, un décor champêtre a été installé de manière à ne pas oublier le thème du musée : la nature.
En dessous de chaque animal se trouve sa carte d'identité sous forme de petit panneau lumineux : son nom, son habitat, sa durée de vie, son alimentation, certaines caractéristiques ainsi qu'un dessin le représentant. Ce dispositif est avant tout didactique : il ne serait pas concevable dans un musée de présenter quelque chose sans un minimum d'explication. Il sera donc très intéressant de voir si les visiteurs regardent ces fiches, afin de savoir quel animal se trouve devant eux, ou s'ils regardent pour le simple plaisir de voir des animaux.

Parcours et réception des visiteurs

Il sera intéressant de savoir si cette mise en place voulue par le concepteur a été bien perçue par le visiteur.

A ce niveau-là de l'étude, nous pourrons parler de la mise en place par le concepteur d'un « lecteur modèle » selon les termes de Umberto Eco, qui deviendrait ici un « visiteur modèle ». Le visiteur modèle serait une personne ayant des connaissances préalables ou non sur le sujet, qui viendrait au Noctarium d'abord par curiosité (plaisir de voir des animaux) et apprendre (diverses observations, panneaux). Il resterait un certain temps devant les vitrines, silencieux, à chercher les rongeurs cachés. Et il ressortirait de cet endroit ravi d'avoir appris des choses, d'avoir découvert ce qu'il ne connaissait pas ou croyait connaître.

Les entretiens semi directifs sur 29 personnes ainsi que les observations de 10 visiteurs nous permettront de voir si nous avons affaire à des visiteurs modèles, et sinon, s'ils ont repéré ce que le concepteur a voulu montrer.
Les visiteurs que nous avons interrogés étaient à 48% des hommes et à 52% des femmes. Ils représentent à 7% les 15-20 ans, à 41,5% les 20-30 ans, à 14% les 30-40 ans, également 14% de 40-50 ans, et enfin 24% de 50 ans et plus.
Nous avons choisi d'écarter de notre étude les enfants et les groupes d'adolescents. Les premiers, car ce sont les parents qui répondent aux questions et à les écouter (et voir), les enfants ont plutôt peur ; et les seconds car en groupe, ils aspiraient plus à s'amuser qu'à mobiliser leur concentration sur les objets présentés.

Le Noctarium s'apparente à un jeu subtil faisant appel à la concentration et réprimant certaines libertés. Il incite ou force à adopter un type de comportement : ce n'est pas vraiment pour les enfants. Il n'a pas la même visée que l'insectarium, par exemple. Nous devons mobiliser nos sens, notre concentration, notre patience et notre connaissance. Les enfants, eux, se retrouvent plongés dans un environnement qui leur fait peur depuis leur plus jeune âge : la nuit et le bruit. A en croire les observations, certains parents ont dû abréger précipitamment la visite car les enfants pleuraient. D'autres, plus courageux, posent beaucoup de questions mais ne comprennent pas pourquoi il fait brutalement noir, pourquoi ils ne voient rien et sont inquiets du bruit qu'ils entendent. Alors que ce dernier est artificiel, ils pensent que ce sont les « vrais » bruits de la nuit. Ceci témoignerait du réalisme de la reconstitution nocturne.
Lorsque les enfants regardent de l'extérieur le panneau annonçant le Noctarium, ils disent « qu'il y a des souris » et qu'ils veulent « voir des souris ». Ils n'ont donc pas perçu la représentation graphique du rongeur comme étant le principal thème du musée, mais comme une catégorie d'animaux nocturnes au même titre que le hibou, le renard...

D'entrée, nous percevons une incohérence entre les réponses des visiteurs et l'observation de ces mêmes visiteurs, à savoir qu'ils n'ont pas la même notion du respect des consignes. Face à nous, les gens n'ont pas osé dire qu'ils n'ont pas respecté le temps d'acclimatation à l'obscurité via la première vitre, comme décrit plus haut, ce qui peut remettre en cause la légitimité des sondages. Les gens ne répondent pas forcément correctement pour diverses raisons, et les résultats et autres statistiques s'en ressentent. Ainsi, environ 72,5% des interrogés disent avoir respecté les consignes alors qu'observés, ils ne représentent que 10%. Et encore, ces 10% équivalent à des gens qui ont regardé cette vitre pendant quelques secondes, mais sans en comprendre l'utilité. Le visiteur, à travers le questionnaire, cherche à se conformer à un canon social dans ses réponses en renvoyant l'image qu'on souhaiterait avoir de lui. Quant aux panneaux explicatifs, peu d'entre eux les ont lus : leurs places ne sont peut-être pas pertinentes dans la mesure où les visiteurs évitent de regarder dans les coins et surtout, focalisent leur attention sur les animaux.

De même, il est intéressant de lire les écarts entre le temps que les visiteurs ont pensé avoir mis pour effectuer leur visite, et le temps réel. Par exemple, environ 51% des visiteurs estiment avoir passé dix minutes au Noctarium, 24% avoir passé quinze minutes et 10% entre seize et vingt minutes. Pourtant, à en croire les observations, les visites durent entre trois et dix minutes. Dans le Noctarium, nous perdons la notion du temps, et c'est bien le propos du concepteur qui en fait sa publicité d'accroche (« toucher, voir, sentir, écouter, percevoir le temps »). Comme si, la nuit tombée, tout s'arrêterait. Les visiteurs se sont plus ou moins investis dans leur parcours qu'en fait, pour eux, le temps passé n'a pas d'importance.

Chaque visiteur a interprété à sa manière le message du concepteur. La question posée était : « Selon vous, qu'a voulu transmettre le concepteur ? » et elle a été très bien comprise. Les réponses obtenues ont été classées en différentes catégories. Dans l'ordre décroissant : 34,5% pensent que le concepteur a voulu faire connaître la vie et le mode de vie des animaux nocturnes, 20,5% disent que le concepteur a privilégié le coté « découverte » dans tous les domaines (les animaux en eux-mêmes, leur vie, la nuit...), cette approche est destinée à des visiteurs qui n'ont aucune information sur le sujet du musée. 17% pensent que le concepteur a voulu montrer avant tout le milieu, l'habitat des animaux à travers le décor reconstitué, 10% estiment que ce sont les sens et la perception qui priment et 7% penchent plutôt sur l'ambiance nocturne reconstituée. Il y a malgré tout quelques personnes qui n'ont pas perçu de message de la part du concepteur (10% des visiteurs interrogés).
Il est bon à noter que pour cette question, les visiteurs ont été plus sensibles sur le fond (thème et sous thèmes) que sur la forme (organisation de l'espace, décors, lumières...).

Afin de savoir ce qui semblait le plus marquant dans le musée pour les visiteurs, et par-là de juger de la réception des intentions du concepteur, nous leur avons directement posé la question. Dans l'ordre croissant, voici ce qui les a le plus marqué : 45% des visiteurs n'ont retenu du Noctarium que la présence nombreuse de rats et de souris. Très loin derrière, 10% ont parlé de l'obscurité de manière négative et autant de manière positive, 10% ont été frappé par l'odeur, 10% seulement ont cité leur intérêt pour les animaux, 7% ont signalé qu'il y avait trop de rongeurs et pas assez d'autres espèces et 3,5% ont parlé de la reconstitution de l'ambiance. Malgré la diversité des réponses possibles, 7% des interrogés estiment que rien ne les a marqués.

L'écrasante majorité des rats se justifie par une tendance : Certaines personnes ne regardent pas les noms des rongeurs et / ou nomment les animaux en faisant référence à ce qu'ils croient connaître chez eux. Ainsi, en observant les visiteurs dans le parcours, 40% d'entre eux classent les animaux en trois catégories (souris / rat / loir) ou en une seule (rat). Ainsi, pour 20% des gens, le grand hamster devient un rat. Dans ce cas, ce sont les visiteurs qui ne respectent pas le contrat de lecture auquel le concepteur cherche à leur faire adhérer. Le principe voudrait qu'ils se renseignent sur les objets qu'ils découvrent, même s'ils sont sûrs de les connaître. Selon l'anthropologue Scott Atran, certaines peuplades d'Amazonie, en symbiose avec leur environnement, n'ont pas de terme générique pour les plantes mais les désignent par des mots spécifiques, chaque sous-espèce étant désignée selon d'infimes variations. Par cette étude, nous voyons que chez nous c'est l'inverse qui se produit, la plupart des visiteurs ne distinguent pas une souris d'un hamster : pour eux tout est rat. Et pourtant, il n'y a que deux vitrines de rats sur les douze présentées...

Les jeux ont été installés par le concepteur afin d'éveiller les sens des visiteurs, quel que soit leur âge. Les enfants sont sans doute, curiosité aidant, les premiers visés. N'ayant pas interrogé les enfants, il sera d'autant plus intéressant de voir comment les adultes ont réagi face à ces jeux. Parmi les sondés, 48% affirment avoir fait les jeux (dont 10% n'ont fait que le jeu de l'odorat), et 52% ne les ont pas faits. Parmi les raisons invoquées, celle de la crainte du jeu du toucher (le fait d'imaginer qu'il puisse y avoir une peau de serpent dans le trou en décourage plus d'un). Les autres raisons sont le fait que les jeux ne les intéressaient pas, ou encore qu'ils ne les avaient tout simplement pas vus (ce qui est le cas avec le jeu du toucher pour quelques visiteurs, bien concentrés sur la vitrine en face).
Nous ne connaissons pas les raisons précises pour ceux qui ont répondu non. Peut-être pensent-ils que c'est un dispositif typiquement enfantin.

Il était intéressant d'imaginer si le parcours voulu par le concepteur est celui décidé par le visiteur, ce qui devrait indiquer si les visiteurs ont perçu les intentions du concepteur et sont sensibles à l'originalité de ce musée. On s'aperçoit que seulement quinze personnes soit 51,5% des visiteurs ont perçu un parcours spécifique ; ils reconnaissent en effet que le parcours est « tout tracé » et que par conséquent, ils se sentent guidés. On s'aperçoit que les gens ne pensent pas à effectuer des retours en arrière pour eux le parcours était linéaire dans le sens où lorsqu'ils avaient vu ça ne servait à rien de se retourner. Un seul retour en arrière a été effectué par une enseignante et ses enfants qui voulaient revoir certains animaux. Les résultats de l'observation démontrent que les visiteurs effectuent un parcours en zigzag, en effet au début de l'exposition il y a des vitrines disposées de chaque coté du couloir (jusqu'au jeu du toucher) et les visiteurs préfèrent effectuer un parcours en zigzag plutôt qu'observer un coté puis l'autre. Il s'avère qu'il préfère tout voir en une fois pour éviter d'effectuer des retours en arrière, cela leur donne peut être l'impression d'une certaine rapidité dans la visite (les gens interrogés apparaissent pressés.). Ils ont également le choix au niveau des souris, du loir et du jeu de l'odorat, ils peuvent aller voir le loir puis la souris, ou inversement. La dernière partie de la visite est plus linéaire avec les rats disposés d'un seul coté. Un visiteur interrogé a expliqué le fait d'avoir vu un parcours spécifique en fonction de la thématique du musée : il pense que le choix du parcours vient du fait que les animaux soient présentés par leur taille, par ordre croissant. Bien que peu probable, cette affirmation nous montre une chose : Les animaux dits « urbains » (rats, souris) sont perçus comme plus gros que ceux dits « campagnards » (campagnols, musaraignes, rats des moissons).

Le concepteur avait expliqué son choix des espèces de la région du fait de la méconnaissance de ce type d'animaux, pourtant près de nous : on s'est aperçu que ce choix n'était pas vain. Seulement 10,5% des visiteurs interrogés estiment avoir un bon niveau de connaissances sur le sujet. Un visiteur (ce qui représente 3,5% des sondés) explique son bon niveau par son passe-temps – il est éleveur de hamsters. Il pense que la visite ne lui a pas apporté de connaissances supplémentaires, contrairement aux deux autres visiteurs, qui estimaient avoir un bon niveau de connaissance qui eux reconnaissent que la visite leur a apporté au moins une chose : l'un a apprécié de les voir évoluer dans leur milieu naturel, et l'autre a observé leur degré de sociabilité en s'intéressant au fait que certaines espèces était plus craintives que d'autres.

45% des visiteurs admettent ne rien connaître sur le sujet avant la visite et ils sont encore 27,5% après : ils n'ont donc pas adhérés au contrat de lecture prévu par le concepteur. On retrouve ce problème avec d'autres visiteurs : 24% estiment ne pas connaître grand-chose avant la visite et parmi eux 7% avouent ne pas avoir lu les panneaux et donc ne rien avoir appris. Les autres, 17%, pensent avoir progressés après la visite.
Enfin 20,7% des visiteurs estiment avoir quelques connaissances encyclopédiques ou « télévisuelles » sur le sujet, et parmi eux 10,5% reconnaissent avoir plus regardé que lu au cours de la visite. 7% pensent avoir un niveau de connaissances un peu plus élevé : ils on découvert les animaux nocturnes, un monde de la nuit dont il ne se doutait pas. Une personne dont le hobby est la décoration, le bricolage et la broderie, a porté son intérêt sur le cadre et l'aspect décoration du Noctarium. A première vue, ce hobby n'a rien à voir avec les rongeurs et leur mode de vie mais cette personne y a trouvé un lien à travers le décor très élaboré.

Le Noctarium fait donc appel à de multiples domaines pour toucher les visiteurs, que ce soit l'élevage, la télévision ou la décoration. Chacun se réfère à ses connaissances pour en élaborer d'autres.

En conclusion, nous parlerons des 48% des visiteurs qui affirment ne rien avoir appris lors de la visite, contrairement aux 51,5% qui estiment avoir retiré de leur visite quelques connaissances. Nous pouvons dire que le concepteur a rempli son contrat car là où on pourrait parler d'échec (pour les visiteurs n'ayant rien appris), cela vient des visiteurs eux-mêmes qui reconnaissent ne pas avoir lu. Pourtant le concepteur avait inclus dans son parcours un contrat de lecture auquel visiblement la plupart des visiteurs n'ont pas souhaité adhérer. Cela se vérifie notamment par le non-respect des consignes pour s'adapter à l'obscurité : les visiteurs ne viennent pas forcément pour lire.

On s'est également interrogé sur la prévision de la visite et l'on s'est aperçu que 27,5% des interrogés l'avaient prévue, ils étaient venus dans une intention bien précise, à savoir découvrir le site qui les intéressait vraiment. Ils ont peut- être été attirés par le coté « voir des animaux peu communs ou peu connus ».
27,5% des visiteurs étaient déjà venu : on peut en déduire que le site leur a plu et qu'ils voulaient re-découvrir ce qui les avaient intéressés lors de leur précédente (ou première) visite.
Les visiteurs ont en majorité, à 65,5%, effectué la visite du Noctarium dans le prolongement de leur visite de la citadelle. 20,5% invoque le motif de faire découvrir le site à des amis on pourrait donc penser qu'ils ont effectuer la visite du Noctarium, comme les précédent dans le cadre de la visite de la citadelle. Seulement 14% ont déclaré avoir effectué la visite par intérêt pour les animaux.

Conclusion

Les intentions du concepteur ont bien été perçues en général, en effet environ la moitié des personnes interrogées ont perçu un parcours guidé. Cela peut être une bonne ou une mauvaise chose, dans la mesure où les gens aiment se sentir libres d'aller où ils veulent, alors que certains aiment se sentir "encadrés" pour ne rien manquer de leur visite. Le concepteur a créé un parcours « semi guidé » laissant place à des libertés (retour en arrière,...), mais qui est tout de même relativement linéaire. De plus à la question « selon vous quel était le message du concepteur ? » les gens ont pour la plupart bien perçu que le concepteur voulait faire découvrir le milieu des animaux nocturnes, le mode de vie des rongeurs nocturnes, leur perception dans la nuit, en mettant tout nos sens en éveil. Ce qui ne signifie pas qu'ils se sont intéressés à cela car cependant, les visiteurs n'ont pas tous respecté le contrat de lecture auquel le concepteur souhaitait leur faire adhérer.
Nous terminerons par une citation sur une étude du musée des Sciences à Paris, citation à laquelle les visiteurs que nous avons interrogés et observés s'apparentent :

« Ainsi, dans l'ensemble, les visiteurs considèrent que des connaissances préalables ou des prédispositions particulières ne sont pas nécessaires pour visiter le Palais. C'est pourquoi, le visiteur y vient par loisir et pour se détendre. D'ailleurs, la fréquentation du Palais est scandée par le rythme des loisirs : on y vient davantage le week-end, en famille ou accompagné d'amis. Cette perspective ludique se manifeste par une visite organisée au hasard des circonstances, aucune stratégie n'en règle le déroulement (la moitié des visiteurs n'utilise pas l'informatique mise à leur disposition par le Palais). »

Cette citation illustre donc bien nos visiteurs du Noctarium. La plupart d'entre eux venaient pour accompagner les enfants ou des amis en visite à Besançon, et considéraient qu'aucune connaissance n'était nécessaire pour la visite. En outre, en acquérir n'était pas forcément leur objectif.
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